Accueil > Ricochets > Année 3 > Ricochets/ Année 3/ Semaine 18
1/ Je lis et choisis ce que je souhaite conserver, ce qui va migrer du blog vers le site. Il faut faire des choix et les choses s’imposent un peu d’elles-mêmes. Je cherche de la densité, que ce soit dans le fond ou dans la forme. Des années d’écriture qui ont pris de l’ampleur, me semble-t-il, mais on n’est pas toujours le meilleur juge. Tout est en train de se relier.
2/ Ne serait-ce pas de l’obstination que de poursuivre l’écriture de ces Ricochets ? Comme si cela ne finirait jamais de lancer une pierre de l’autre côté de la rive, en la faisant rebondir le plus possible sur l’onde paisible du cours de la vie, et en espérant que, de l’autre côté, quelqu’un, une main autre, poursuive le ricochet d’eau en eau et que les mots fassent leur travail de résonance.
3/ La sensation réelle et étrange de vivre dans un entre-deux. Entre des mondes. Où il faut trouver sa place, mais il n’y en a pas. Il faut être en mouvement, aller de l’un à l’autre, déplacer le soi qui nous sert d’abri. Trouver sa place malgré tout. Enfin il faudrait plutôt dire de se préserver un espace. Physique et mental. Avoir cette chance-là est un véritable luxe à vraiment apprécier.
4/ De l’entrelacs des phrases et des chocs entre les mots se forme et se déforme une texture. Les fils du silence reprisent les entrelignes. Ainsi des instants existent puisqu’ils sont écrits. Ils sont mon horloge du temps, le métronome des heures, car cela palpite entre les lettres. Parfois une giclée de sang semble accélérer le processus, bouleverser le rythme, puis cela tourne rond à nouveau et les ombres reprennent vie.
5/ Avoir la sensation d’être devenue semblable à un pont-levis qui se baisse ou se relève selon les aléas des moments qu’il y a à vivre, au milieu des uns et des autres, des incertitudes et des éclats de vie, de qui je suis dans les différents lieux où j’ai à être. La herse située à l’arrière de soi, s’enracine et s’extirpe d’entre les chairs. Je suis dans l’obscurité pour moi-même.
6/ Enchevêtrée de fils, fins ou épais, blancs ou colorés, lâches ou resserrés, brillants ou mats, noueux, noués ou libres de se mouvoir. Il est difficile de s’y retrouver dans cet amas de pensées qui vont et viennent, cherchent à s’énoncer puis se contredisent dans les minutes qui suivent. Y-a-t-il un seul fil à tenir pour continuer d’avancer ? Et lequel est le rouge celui qui rassemble ce qu’on est ?
7/ Un peu comprimée dans le filet de paradoxes dans lequel je me laisse enlacer. La prise de décisions n’est pas toujours facile à faire : l’esprit est ballotté de gauche à droite et dans l’autre sens avec autant de vitalité, sans parler du haut en bas et des vertiges qui peuvent être occasionnés. Effectuer des translations d’un point à un autre est parfois comme sauter dans le vide. Une effraction.
