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		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 23</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1/ La sensation de peu de vie d&#233;sormais, ou d'une vie o&#249; l'on est plus vite dans l'&#233;puisement sans avoir me semble-t-il fait beaucoup de choses dans une journ&#233;e. C'est ainsi. Je prends note de la chance que j'ai de me nourrir de nombre d'activit&#233;s qui me comblent, il faut juste veiller &#224; une juste r&#233;partition de son temps afin d'en go&#251;ter toute la saveur sans &#233;puisement. Je suis une privil&#233;gi&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Un jour couleur de topaze mystique, o&#249; se tricotent des rencontres fortes, des t&#233;moignages (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://jardindombres.fr/ricochets" rel="directory"&gt;Ricochets&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/p1230204.jpg?1780821980' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ La sensation de peu de vie d&#233;sormais, ou d'une vie o&#249; l'on est plus vite dans l'&#233;puisement sans avoir me semble-t-il fait beaucoup de choses dans une journ&#233;e. C'est ainsi. Je prends note de la chance que j'ai de me nourrir de nombre d'activit&#233;s qui me comblent, il faut juste veiller &#224; une juste r&#233;partition de son temps afin d'en go&#251;ter toute la saveur sans &#233;puisement. Je suis une privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Un jour couleur de topaze mystique, o&#249; se tricotent des rencontres fortes, des t&#233;moignages de vies qui bouleversent, une pluie l&#233;g&#232;re qui redonne vie &#224; la terre, une balade artistique dans le monde de photographies qui tentent elles aussi de dire une intensit&#233; de vie, une vision de petites choses qui, rassembl&#233;es avec doigt&#233; laissent surgir un univers o&#249; puiser encore et encore ce qui irriguera les jours &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Chaque jour s'essayer &#224; d&#233;froisser ce qui est chiffonn&#233; en soi et g&#234;ne une vision claire de ce qu'il est encore possible de vivre. Les ombres, qui nous rendent reclus, peu &#224; peu se volatilisent, lorsque, de notre pas d&#233;sormais lourd et lent, nous appuyons fortement sur le sol, et nous extirpons avec le regard portant loin devant soi. Et les visions qui vont nous aimanter se colorent &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Sautes d'humeur, visions sombres, soupirs pour des riens, puis &#233;clats de vie &#224; nouveau, nous passons notre temps dans ces montagnes russes de sensations, qui d&#233;valent en soi sans aucune pr&#233;venance. C'est ainsi que l'on vit dans une sorte de d&#233;couture de son &#234;tre &#224; laquelle il faut bien se r&#233;soudre. Entre les &#233;cueils ou les m&#233;andres de ce qui fait nos vies, pas &#224; pas, garder le souffle, recoudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ Au coin de l'&#339;il, il y a toujours le r&#234;ve de l'inesp&#233;r&#233;. Un appareil photo entre les mains, on cherche cet invisible aux yeux du commun des mortels, qui va jaillir d'entre les ombres et se r&#233;fugier sur la carte m&#233;moire, bien souvent sans qu'on en ait la conscience. Un lointain se donne &#224; voir, le fugace s'attarde, un murmure se d&#233;livre, un &#233;moi se distille, au coin de l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Comment entre-t-on dans un livre inconnu ? Quelle alchimie se met en place pour que nos mains s'emparent d'un livre sur les tables des librairies ou les rayonnages d'une biblioth&#232;que ? On le saisit ; le toucher succ&#232;de &#224; la vue qui a d&#233;clench&#233; le processus. Premi&#232;re phrase, quatri&#232;me de couverture ou une page au hasard, &#224; chacun sa mani&#232;re de faire. Ma pr&#233;f&#233;rence est de lire la premi&#232;re phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Ces notes ici comme dans un fourre-tout, une grande malle d'autrefois o&#249; ranger tout son bagage, l&#224; ce sont des pens&#233;es qui naissent puis s'enfuient aussi vite si elles ne sont pas &#233;crites. On d&#233;pose dans un coin, cela s'entasse, cela finit par faire quelques pages que quelqu'un lira peut-&#234;tre un jour ou qui dormiront et seront d&#233;truites ; Le temps de l'&#233;criture, elles ont accompli un travail de bienfaisance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 22</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Jullien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1/ Ce qui na&#238;t en soi lorsqu'on ne parle pas, et patiente pour que le temps de l'&#233;criture s'en empare. Quitter la langue basse, celle aux tonalit&#233;s tristes et raviver du bout des doigts la langue haute pour aller &#224; la rencontre de ce qui se murmure au creux de nos failles, dans les recoins d'ombres o&#249; tout se tait. Cela bruit dans l'incandescence de l'instant. Il suffit alors de s'accro&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Quand on est persuad&#233; avoir &#233;t&#233; travers&#233;e par l'&#233;criture et d'avoir laiss&#233; des traces sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://jardindombres.fr/michel-jullien" rel="tag"&gt;Michel Jullien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/img_2696.jpg?1780298617' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Ce qui na&#238;t en soi lorsqu'on ne parle pas, et patiente pour que le temps de l'&#233;criture s'en empare. Quitter la langue basse, celle aux tonalit&#233;s tristes et raviver du bout des doigts la langue haute pour aller &#224; la rencontre de ce qui se murmure au creux de nos failles, dans les recoins d'ombres o&#249; tout se tait. Cela bruit dans l'incandescence de l'instant. Il suffit alors de s'accro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Quand on est persuad&#233; avoir &#233;t&#233; travers&#233;e par l'&#233;criture et d'avoir laiss&#233; des traces sur le fichier d'ordinateur et que, le lendemain rien n'est inscrit, que l'&#233;criture n'a pas eu lieu, que tout cela n'&#233;tait que mental, et que bien s&#251;r, on ne se souvient de rien qui aurait pu &#234;tre not&#233;. Entre l'horizon int&#233;rieur et le r&#233;el, l'espace est plein d'interstices o&#249; se perdre et d'ar&#234;tes o&#249; se heurter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Cheminant vers le village, je partage l'espace avec les hirondelles qui ponctuent leur vol d'ici &#224; l&#224; et de l&#224; &#224; ici, par ce que je nommerai leur chant. Il y a d'&#233;tranges solidarit&#233;s qui se rencontrent dans le court passage d'un instant o&#249; la conscience est vive. Quelque chose de plus grand que les minutes partag&#233;es, et qui ram&#232;ne &#224; la m&#233;moire d'autres instants similaires de bonheur de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Dans l'instant, ouvrir un livre au hasard de ses mains, se balader au sein des pages dans le d&#233;sir de devenir l'h&#244;te de l'inconnu, de s'en faire l'&#233;cho et de devenir &#224; son tour un &#233;missaire de mots. Cela esp&#232;re en soi, comme les fleurs esp&#232;rent &#224; la fois le soleil et l'eau de pluie. Ce n'est que cela : une aspiration &#224; mieux vivre, &#224; mieux &#234;tre, &#224; &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ J'invente mon propre mod&#232;le de vie. Je m'arrange avec qui j'ai &#233;t&#233; et qui je suis,d&#233;sormais. Se d&#233;sencombrer de ce qui p&#232;se et se tourner vers ce qui porte un peu plus loin sur le chemin. Habiter en soi comme en une maison o&#249; vivre seul. &#192; l'&#233;coute de ses d&#233;sirs et des visions d'horizons et des harpes du vent. Il reste encore des marches &#224; gravir, alors poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Enfouie dans le livre de Michel Jullien &#171; Le format d'un livre &#187;, je prends note de phrases images qui me ravissent :&lt;i&gt; elle vient d'entrer dans cette annulation du temps qu'est lire &lt;/i&gt;en &#233;voquant le personnage d'un film jou&#233; par Emmanuelle Riva. J'apprends aussi des termes qui concernent le vocabulaire du papier:chantonn&#233;,, les peilles, le pourrissoir, le gouverneau, le flotre, l'ambalard, la sallerane, l'andouille, le bourdonn&#233;, le bachasson, l'&#233;tresse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Visite d'une exposition autour de l'estampe, &#233;couter les artistes passionn&#233;s par leur travail partager leurs explications et se nourrir de mots li&#233;s &#224; cette activit&#233; : taille-douce, pointe-s&#232;che, eau-forte, aquatinte, petit burin, r&#233;sine de colophane, morsure...C'est ce dernier terme qui m'a interpell&#233;e, celui de morsure qui repr&#233;sente l'action de l'acide rongeant le m&#233;tal pour faire appara&#238;tre, en creux, le dessin qui sera ensuite imprim&#233;. L'artiste me parlait de morsure douce...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 21</title>
		<link>https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-21</link>
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		<dc:date>2026-05-26T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1/ Chaque chose &#224; sa place et chacun dans sa vie. C'est ainsi. Entre quatre murs et l'univers o&#249; &#233;voluer, toujours masqu&#233; ou rev&#234;tu de sa tenue d'anonyme, dans nos vies un peu floues, emplies d'incertitude, et dont on cherche &#224; colmater les failles et les d&#233;s&#233;quilibres. Ne pas pousser la pens&#233;e trop loin quitte &#224; se retrouver face &#224; l'absence de sens qui pourrait se profiler, l'absurdit&#233; de tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Passer des heures entre les lignes de livres ou entre celles que l'on tente d'&#233;crire, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/p1230219.jpg?1779636894' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Chaque chose &#224; sa place et chacun dans sa vie. C'est ainsi. Entre quatre murs et l'univers o&#249; &#233;voluer, toujours masqu&#233; ou rev&#234;tu de sa tenue d'anonyme, dans nos vies un peu floues, emplies d'incertitude, et dont on cherche &#224; colmater les failles et les d&#233;s&#233;quilibres. Ne pas pousser la pens&#233;e trop loin quitte &#224; se retrouver face &#224; l'absence de sens qui pourrait se profiler, l'absurdit&#233; de tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Passer des heures entre les lignes de livres ou entre celles que l'on tente d'&#233;crire, est-ce vivre une existence parall&#232;le ? Un mille-feuilles o&#249; se r&#233;g&#233;n&#233;rer ? Je parlerais juste d'un luxe inou&#239; de pouvoir redoubler d'&#234;tre. La chance de pousser plus loin ce que l'on est aux yeux des autres. Une vie secr&#232;te, pourquoi pas, qui se partage avec quelques initi&#233;s. Une vie amplifi&#233;e cela est s&#251;r et certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Je suis dans cette attente de la naissance d'une phrase. Dans ce moment qui pr&#233;c&#232;de ce qui va prendre forme sur l'&#233;cran d'ordinateur ou sur la page de mon carnet. L'instant o&#249; l'on ne sait rien de ce qui va surgir entre les tempes et entre les doigts. Je me tiens l&#224;, en suspension sereine, dans ce flux de secondes qui vont jaillir et et permettre que l'&#233;criture se d&#233;pose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Avec r&#233;gularit&#233;, t&#233;nacit&#233;, depuis des ann&#233;es, &#224; chaque achat d'un livre, j'&#233;cris mon pr&#233;nom ainsi que la date de l'achat, sur la premi&#232;re page du livre, la page blanche, l&#224; o&#249; cela n'a pas encore commenc&#233;, avant les premiers mots, lorsque l'on est encore dans l'inconnu de ce qui va &#234;tre, sur le seuil d'une d&#233;couverte. Mani&#232;re de faire trace de mon parcours de lectrice pour les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ &#202;tre comme l'enfant qui, chaque jour, cr&#233;e son univers, ce monde o&#249; il va rire d&#233;couvrir, et grandir encore un peu, conscient des progr&#232;s qu'il est en train d'accomplir, m&#234;me dans la simplicit&#233; de certains gestes qu'hier il n'arrivait pas &#224; ex&#233;cuter et que d&#233;sormais il peut faire et la joie alors qui l'habite tout entier, parce qu'il r&#233;alise que par la ma&#238;trise de lui-m&#234;me il est en perp&#233;tuelle croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Apr&#232;s les douze coups de l'heure ronde, c'est au tour de l'angelus de sonner au clocher du village. Ailleurs qu'ici je ne sais plus ces envol&#233;es de cloches et le rappel de la pause m&#233;ridienne. Un autre rythme, dans cette scansion du temps. Vivre ici, sans doute, pourrait &#234;tre diff&#233;rent, permettrait aux pens&#233;es de prendre des directions autres, port&#233;es par le rappel constant, comme un glas du passage du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Besoin d'un reflux de silence et de solitude. Ne suis pas arm&#233;e pour vivre au milieu des autres. Se suffire des oiseaux, d'un papillon qui traverse l'aire, du feuillage qui bruisse, de l'herbe qui tremble, des pierres qui brillent, de la mousse, des lichens et des nuages qui stagnent au-dessus de ma t&#234;te. Rien d'autre. Si, un livre et un crayon entre les mains, pour croire encore &#224; un possible&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 20</title>
		<link>https://jardindombres.fr/annee-3-semaine-20</link>
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		<dc:date>2026-05-18T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Bergounioux</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Soulages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1/ Au milieu du faire, prendre le temps du rien. Comme mettre au doigt une nouvelle bague, tiens sur l'auriculaire par exemple qui n'est pas accoutum&#233; &#224; l'anneau. Sentir ce qui vient de changer sur sa main. Avoir le regard qui se pose plus souvent que n&#233;cessaire sur la main ouverte, paume sur le bureau, et chercher &#224; savoir ce qui brille &#224; nouveau, et de quoi cette pierre est messag&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Je lis les premi&#232;res pages de La b&#234;te faramineuse de Pierre Bergounioux &#8211; je l'ai d&#233;j&#224; lu il y a plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/img_2641-2.jpg?1779010343' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Au milieu du faire, prendre le temps du rien. Comme mettre au doigt une nouvelle bague, tiens sur l'auriculaire par exemple qui n'est pas accoutum&#233; &#224; l'anneau. Sentir ce qui vient de changer sur sa main. Avoir le regard qui se pose plus souvent que n&#233;cessaire sur la main ouverte, paume sur le bureau, et chercher &#224; savoir ce qui brille &#224; nouveau, et de quoi cette pierre est messag&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Je lis les premi&#232;res pages de &lt;i&gt;La b&#234;te faramineuse&lt;/i&gt; de Pierre Bergounioux &#8211; je l'ai d&#233;j&#224; lu il y a plus de vingt ans &#8211; et suis prise &#224; la gorge par cette &#233;criture qui tente de relater l'indicible : ce que peut ressentir un enfant de onze ans face &#224; ce qui passe autour de lui, la conscience qui rena&#238;t des d&#233;cennies plus tard de l'intensit&#233; de ces instants qu'il vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Feuilletant un livre sur les &#339;uvres de Pierre Soulages, que je connais bien, je suis attir&#233;e soudain par les &#339;uvres o&#249; le brou de noix, suinte en quelque sorte ou s'immisce entre les noirs, ou ensemence ces sillons et nous plonge dans une forme de g&#233;ologie d'un monde. &lt;i&gt;Peindre, tel que je peins, m'enracine chaque fois dans le monde, d&lt;/i&gt;it le peintre. Chor&#233;graphie de rhizomes o&#249; puiser de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ &lt;i&gt;Au fil du temps&lt;/i&gt;. Celui qui se pr&#233;sente chaque jour. Et l'&#233;criture comme sentiment d'existence. Prendre conscience de ce qu'on &#233;crit en l'&#233;crivant. Ne rien chercher d'autre que cette d&#233;couverte int&#233;rieure. &#201;crivant ce qui est en train de s'&#233;crire. Dans cette solitude sans laquelle il serait difficile de continuer. Mani&#232;re de rendre vivante une pens&#233;e, une mani&#232;re d'&#234;tre qui nous rev&#234;t et nous oblige.Parce que on ne peut &#234;tre autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ L'impossible de l'autre. Comment l'approcher ? En saisir des bribes est la seule chose &#224; laquelle on puisse essayer de pr&#233;tendre. Chacun d'entre nous est une construction des plus fragiles faite de blocs de tailles et textures diff&#233;rentes qui tentent de conserver un &#233;quilibre. De l'autre, on ne capte que des parcelles, des &#233;clats que l'on reconna&#238;t de par leur familiarit&#233; avec soi. Mais il restera avec radicalit&#233; une &#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Et si ce que l'on est n'&#233;tait qu'une toute partie de ce que l'on pourrait &#234;tre. Penser cela ainsi au petit matin, fait alors ouvrir le songe des possibles de soi qui n'ont pas encore &#233;t&#233; envisag&#233;s. Il reste peu de temps devant moi et la certitude que je puisse faire des choses nouvelles, et &#233;largir, extendre le moi d'aujourd'hui. Comme on tente de le faire dans des mouvements corporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Prendre un kal&#233;idoscope comme &#233;talon de vie. Regarder les mutations, les m&#233;tamorphoses qui se profilent, s'impr&#233;gner des images qui se forment et se d&#233;forment, les couleurs qui se nouent et se d&#233;nouent, le mouvement qui s'amorce. Se dire c'est &#231;&#224; une vie. Des naissances qui se profilent, tentent un passage, &#233;ph&#233;m&#232;re parfois, puis c'est une autre qui prend place, tente d'imposer sa voie, se d&#233;ploie un peu ou se r&#233;tracte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 19</title>
		<link>https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-19</link>
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		<dc:date>2026-05-12T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Bergounioux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1/ Nous ne sommes jamais &#224; l'abri de souvenirs de velours ou h&#233;riss&#233;s de piquants. Cela va et vient en nous au gr&#233; de rencontres, de lectures, d'odeurs qui jaillissent, de hasards qui nous percutent. Cela fuse, s'imprime puis dispara&#238;t jusqu'&#224; la prochaine remont&#233;e des entrailles. Cela nait depuis les quatre directions du monde et cela permet de comprendre le cheminement que l'on a fait. Et l'horizon se d&#233;couvre &#224; nouveau. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Simplement profiter de la lumi&#232;re du jour qui entre &#224; pleines (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://jardindombres.fr/annee-3" rel="directory"&gt;Ann&#233;e 3&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://jardindombres.fr/pierre-bergounioux" rel="tag"&gt;Pierre Bergounioux&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Nous ne sommes jamais &#224; l'abri de souvenirs de velours ou h&#233;riss&#233;s de piquants. Cela va et vient en nous au gr&#233; de rencontres, de lectures, d'odeurs qui jaillissent, de hasards qui nous percutent. Cela fuse, s'imprime puis dispara&#238;t jusqu'&#224; la prochaine remont&#233;e des entrailles. Cela nait depuis les quatre directions du monde et cela permet de comprendre le cheminement que l'on a fait. Et l'horizon se d&#233;couvre &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Simplement profiter de la lumi&#232;re du jour qui entre &#224; pleines poumons par les fen&#234;tres. Croiser les regards de ces participantes &#224; mon atelier d'&#233;criture qui s'immergent dans leur interpr&#233;tation de ce que j'ai pu leur proposer, apr&#232;s m'avoir fait confiance, et les &#233;couter lire, avec &#233;motion parfois, ce qui vient de na&#238;tre sur leur cahier. Se r&#233;jouir ensemble de ces deux heures partag&#233;es, dans un lieu porteur de s&#233;r&#233;nit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Des voix s'&#233;l&#232;vent des livres entrouverts. Elles viennent s'incruster entre les tempes, patientent puis lib&#232;rent leur parfum ou leur dard. La voix s'immobilise en nous, comme la main d'un ami pos&#233;e sur notre bras. Un souffle monte par les interstices de la peau, et la peau se plisse, se creuse de ridules, s'abreuve. Cela respire en nous et notre souffle se fait autre. En chaque jour na&#238;t une respiration nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Sensation de vertiges ou de perte d'&#233;quilibre depuis quelques jours. La pr&#233;sence devant l'ordinateur s'en ressent. Il faut laisser l'esprit se d&#233;tacher, patienter, attendre que tout se remette en place dans la t&#234;te. S'occuper &#224; autre chose. M&#233;nager la carcasse. Faire des compromis avec soi-m&#234;me. Il y a parfois des renoncements &#224; faire auxquels on n'est pas encore tout &#224; fait pr&#234;t. Alors on lutte, on r&#233;siste, mais en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ La n&#233;cessit&#233; d'&#233;tincelles au cours des jours, celles que l'on re&#231;oit ou qui nous atteignent dans les bonheurs des hasards ou celles que l'on tente de procurer lors des ateliers d'&#233;criture et qui permettent &#224; quelqu'un d'&#233;crire ce qu'il ne savait pas. Je l'ai v&#233;cu en tant que participante et suis combl&#233;e lorsque j'anime un atelier et que des textes surgissent avec force entre des doigts surpris, et l'&#233;motion alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Chaque jour des franchissements &#224; n&#233;gocier. Le passage des t&#233;n&#232;bres &#224; l'aube, le passage du silence &#224; la parole, celui de l'oubli du poids des ans &#224; sa r&#233;surgence, les probl&#232;mes et soucis divers et vari&#233;s face &#224; soi, la brutalit&#233; du monde qui nous entoure...Le franchissement de soi-m&#234;me et de ses h&#233;matomes. Encore des passages &#224; enjamber, ombre &#224; franchir, du chemin o&#249; avancer et du souffle &#224; retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Je viens d'achever la lecture de l'ann&#233;e 2021 du Carnet de notes de Pierre Bergounioux. Il en reste quatre autres que je lirai par petites vagues. Et toujours &#8211; son premier Carnet de notes couvrait les ann&#233;es quatre-vingt &#8211; ses notations autour du ciel, de la lumi&#232;re ou de son absence, de l'&#233;volution des saisons. Savoir que l'un des premiers regards que je lance au petit matin est en direction du ciel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 18</title>
		<link>https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-18</link>
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		<dc:date>2026-05-04T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1/ Je lis et choisis ce que je souhaite conserver, ce qui va migrer du blog vers le site. Il faut faire des choix et les choses s'imposent un peu d'elles-m&#234;mes. Je cherche de la densit&#233; , que ce soit dans le fond ou dans la forme. Des ann&#233;es d'&#233;criture qui ont pris de l'ampleur, me semble-t-il, mais on n'est pas toujours le meilleur juge. Tout est en train de se relier. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Ne serait-ce pas de l'obstination que de poursuivre l'&#233;criture de ces Ricochets ? Comme si cela ne finirait jamais de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Je lis et choisis ce que je souhaite conserver, ce qui va migrer du blog vers le site. Il faut faire des choix et les choses s'imposent un peu d'elles-m&#234;mes. Je cherche de la densit&#233; , que ce soit dans le fond ou dans la forme. Des ann&#233;es d'&#233;criture qui ont pris de l'ampleur, me semble-t-il, mais on n'est pas toujours le meilleur juge. Tout est en train de se relier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Ne serait-ce pas de l'obstination que de poursuivre l'&#233;criture de ces Ricochets ? Comme si cela ne finirait jamais de lancer une pierre de l'autre c&#244;t&#233; de la rive, en la faisant rebondir le plus possible sur l'onde paisible du cours de la vie, et en esp&#233;rant que, de l'autre c&#244;t&#233;, quelqu'un, une main autre, poursuive le ricochet d'eau en eau et que les mots fassent leur travail de r&#233;sonance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ La sensation r&#233;elle et &#233;trange de vivre dans un entre-deux. Entre des mondes. O&#249; il faut trouver sa place, mais il n'y en a pas. Il faut &#234;tre en mouvement, aller de l'un &#224; l'autre, d&#233;placer le soi qui nous sert d'abri. Trouver sa place malgr&#233; tout. Enfin il faudrait plut&#244;t dire de se pr&#233;server un espace. Physique et mental. Avoir cette chance-l&#224; est un v&#233;ritable luxe &#224; vraiment appr&#233;cier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ De l'entrelacs des phrases et des chocs entre les mots se forme et se d&#233;forme une texture. Les fils du silence reprisent les entrelignes. Ainsi des instants existent puisqu'ils sont &#233;crits. Ils sont mon horloge du temps, le m&#233;tronome des heures, car cela palpite entre les lettres. Parfois une gicl&#233;e de sang semble acc&#233;l&#233;rer le processus, bouleverser le rythme, puis cela tourne rond &#224; nouveau et les ombres reprennent vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ Avoir la sensation d'&#234;tre devenue semblable &#224; un pont-levis qui se baisse ou se rel&#232;ve selon les al&#233;as des moments qu'il y a &#224; vivre, au milieu des uns et des autres, des incertitudes et des &#233;clats de vie, de qui je suis dans les diff&#233;rents lieux o&#249; j'ai &#224; &#234;tre. La herse situ&#233;e &#224; l'arri&#232;re de soi, s'enracine et s'extirpe d'entre les chairs. Je suis dans l'obscurit&#233; pour moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Enchev&#234;tr&#233;e de fils, fins ou &#233;pais, blancs ou color&#233;s, l&#226;ches ou resserr&#233;s, brillants ou mats, noueux, nou&#233;s ou libres de se mouvoir. Il est difficile de s'y retrouver dans cet amas de pens&#233;es qui vont et viennent, cherchent &#224; s'&#233;noncer puis se contredisent dans les minutes qui suivent. Y-a-t-il un seul fil &#224; tenir pour continuer d'avancer ? Et lequel est le rouge celui qui rassemble ce qu'on est ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Un peu comprim&#233;e dans le filet de paradoxes dans lequel je me laisse enlacer. La prise de d&#233;cisions n'est pas toujours facile &#224; faire : l'esprit est ballott&#233; de gauche &#224; droite et dans l'autre sens avec autant de vitalit&#233;, sans parler du haut en bas et des vertiges qui peuvent &#234;tre occasionn&#233;s. Effectuer des translations d'un point &#224; un autre est parfois comme sauter dans le vide. Une effraction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 17</title>
		<link>https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-17</link>
		<guid isPermaLink="true">https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-17</guid>
		<dc:date>2026-04-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Antoine Emaz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1/ Cela s'&#233;crit ailleurs qu'entre ces lignes. Cela s'&#233;crit dans un renouveau d'&#233;criture, une mani&#232;re diff&#233;rente d'aborder les fragments qui s'encha&#238;nent. C'est sans doute plus structur&#233;, avec une ossature qui rassemble ce qui pourrait para&#238;tre &#233;parpill&#233;. Ce sont comme les tableaux d'un int&#233;rieur qui ouvre un peu ses volets pour laisser filtrer quelques rais de lumi&#232;re sur les murs qui soutiennent la maison. Cela d&#233;ploie les voiles autour d'une m&#233;ditation. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Esp&#233;rer chaque jour un nouveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Cela s'&#233;crit ailleurs qu'entre ces lignes. Cela s'&#233;crit dans un renouveau d'&#233;criture, une mani&#232;re diff&#233;rente d'aborder les fragments qui s'encha&#238;nent. C'est sans doute plus structur&#233;, avec une ossature qui rassemble ce qui pourrait para&#238;tre &#233;parpill&#233;. Ce sont comme les tableaux d'un int&#233;rieur qui ouvre un peu ses volets pour laisser filtrer quelques rais de lumi&#232;re sur les murs qui soutiennent la maison. Cela d&#233;ploie les voiles autour d'une m&#233;ditation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Esp&#233;rer chaque jour un nouveau seuil &#224; franchir. Pour l'ampleur que cela insufflera dans sa journ&#233;e, ou la couleur qui irisera alors le regard, ou tout simplement pour la joie de sentir son existence encore en possibilit&#233; de s'&#233;largir. Pour le sillage qui se pressent dans un d&#233;but de quelque chose que l'on ne sait pas. Pour les apparitions de cet invisible qui nous cerne. Pour l'&#233;nigme entre ombres et lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Dans un tableau, ce sont les d&#233;tails qui me sollicitent. La forme d'un nuage, le plissement d'une &#233;toffe, un fil de couleur que l'on suit du regard, les doigts recourb&#233;s d'une main, des ocelles sur un plumage, la cro&#251;te d'un pain, un repli d'ombre, un reflet sur une vitre, un verre ou une nappe d'eau, l'intimit&#233; d'un souffle, un rien qui &#233;merge de l'invisible et chuchote des vocables d'un arri&#232;re-pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Je me sens parfois comme un ver de bois, appel&#233; aussi vrillette du bois, que l'on ne voit pas, mais qui creuse des galeries dans des meubles et des poutres et laisse tomber un peu de sciure au sol, trace de son activit&#233; xylophage. Je me faufile aussi dans la galerie d'un pass&#233; qui ressurgit de temps &#224; autre sans pr&#233;venir, et cherche &#224; produire mon petit tas de sciure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ On voudrait pouvoir inventer le verbe silencer afin de lui octroyer une conjugaison et lui donner un champ d'action plus vaste. Et, faisant des recherches sur internet, on s'aper&#231;oit qu'il existe d&#233;j&#224; : silencer ou silencier&#8230;, mais il n'est gu&#232;re utilis&#233; de nos jours. Je voudrais pouvoir &#233;crire : je silence le plus souvent et le plus longtemps possible, ou silencer c'est se donner les moyens d'&#234;tre davantage et enfin soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ L'&#233;criture se vit comme un lieu. Un lieu de solitude, paisible, en retrait du reste du monde. Avec une pellicule de fragilit&#233; qui le cerne. D'o&#249; peut s'&#233;lever une force. Le terreau aussi d'une d&#233;stabilisation possible. Un lieu paradoxal empli d'&#233;tincelles susceptibles d'un embrasement ou de quelques lueurs dans un quotidien somme toute tr&#232;s banal. Le mot &#233;piphanie est le bienvenu, mais l'&#233;tincelle me suffit, je n'ai besoin de rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Il y a plus de vingt livres &#224; la port&#233;e de mes mains. J'en ouvre un, lis quelques pages, puis un autre m'appelle qui vient faire &#233;cho &#224; la premi&#232;re lecture et ainsi tout au long des heures. Je laisse faire le hasard. Et une phrase me happe : &lt;i&gt;J'&#233;cris dans les freins&lt;/i&gt; d'Antoine Emaz. Et penser alors aux zones qui s'excluent, sans r&#233;flexion v&#233;ritable, de la libert&#233; de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 16</title>
		<link>https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-16</link>
		<guid isPermaLink="true">https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-16</guid>
		<dc:date>2026-04-20T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Bergounioux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1/ Des accrocs dans le tissu des vies comme cette voix &#233;raill&#233;e au matin qui n'arrive pas &#224; trouver sa tonalit&#233;, sa forme, son d&#233;bit et qui, petit &#224; petit, apr&#232;s quelques essais finit par se poser &#224; la justesse requise. La voix se met &#224; sa place et abandonne cet enrouement qui rend toute parole enray&#233;e et obscure. Le raclement se stabilise, cesse, on peut participer au cours des &#233;changes. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Par l'&#233;cheveau des co&#239;ncidences qui se tisse sans le savoir et que l'on relie plus tard, lorsque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Des accrocs dans le tissu des vies comme cette voix &#233;raill&#233;e au matin qui n'arrive pas &#224; trouver sa tonalit&#233;, sa forme, son d&#233;bit et qui, petit &#224; petit, apr&#232;s quelques essais finit par se poser &#224; la justesse requise. La voix se met &#224; sa place et abandonne cet enrouement qui rend toute parole enray&#233;e et obscure. Le raclement se stabilise, cesse, on peut participer au cours des &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Par l'&#233;cheveau des co&#239;ncidences qui se tisse sans le savoir et que l'on relie plus tard, lorsque des tranches de vie se sont form&#233;es, on redessine le chemin qui a &#233;t&#233; le n&#244;tre, dont on n'a pas tout ma&#238;tris&#233;, mais sur lequel on a avanc&#233; tant bien que mal. On recherche ce qui a permis de ne pas perdre l'&#233;quilibre tout au long du parcours : on est rest&#233; debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Aussit&#244;t achet&#233;, aussit&#244;t commenc&#233;, m&#234;me si d'autres livres attendent depuis longtemps d'&#234;tre pris entre mes mains. Je veux juste lire quelques pages de ce nouveau Carnet de notes de Pierre Bergounioux. Le dernier s'achevait en 2020 et ce tome concerne les cinq ann&#233;es qui suivent. Les images mentales des lieux &#233;voqu&#233;s se reforment. L'auteur se l&#232;ve toujours aussi t&#244;t. J'arr&#234;te ma lecture du jour sur la description d'un ciel fuligineux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Un paysage qui nous touche se d&#233;ploie, s'&#233;tale comme une partition devant soi, avec ses notes graves qui r&#233;sonnent dans le ventre, ses notes aigu&#235;s qui r&#233;veillent l'endormi, le rythme des verts qui se croisent et se d&#233;croisent, le tempo donn&#233; par les troncs des arbres, et le fil narratif de l'oiseau qui traverse imperturbable l'espace d'un dehors dont on vient de faire un dedans en deux ou trois mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ Certains sont affair&#233;s &#224; faire fructifier leur argent, d'autres &#224; arpenter des contr&#233;es inconnues, d'autres &#224; p&#233;rorer sur les &#233;crans et &#224; dire des inepties, d'autres encore &#224; fomenter des conflits, et encore d'autres &#224; imposer leur vision du monde et &#224; gommer toute libert&#233; de penser, d'autres et ce sont les m&#234;mes &#224; obtenir tous les pouvoirs de d&#233;cisions&#8230; Mon bonheur : &#234;tre entre les lignes d'un livre intelligent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Le double vitrage dont je m'entoure de plus en plus, depuis quelques ann&#233;es, sans doute pour ne pas me perdre dans les &#233;changes qui ne conduisent vers rien qui puisse m'aider &#224; traverser les ombres. Et parfois une m&#233;sange frappe &#224; bec insistant contre la vitre de mon isolement afin de me montrer un monde qui continue de virevolter au-dehors. On revient &#224; la vie alors en clignant des yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Qu'en est-il de son propre voyage dans les arcanes de la vie ? De l'appropriation des jours qui s'encha&#238;nent, avec sans savoir pourquoi, une vitesse ressentie qui s'acc&#233;l&#232;re&#8230;Quels chemins nouveaux &#224; tenter de d&#233;broussailler pour une errance toujours joyeuse, ou dans quelles impasses pouvoir encore se cogner, ou quelles visions nous attendent si nos yeux sont bien en phase&#8230; Mais savoir que les ombres du pass&#233; ne nous quittent pas...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 3/ Semaine 15</title>
		<link>https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-15</link>
		<guid isPermaLink="true">https://jardindombres.fr/ricochets-annee-3-semaine-15</guid>
		<dc:date>2026-04-14T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1/ Approcher l'insaisissable devant des sculptures qui me touchent sans que je puisse appr&#233;hender toute leur puissance ou leur dire. L'essentiel est qu'elles m'ont appel&#233;e, ont suscit&#233; un arr&#234;t suffisamment intense devant elles, et ont donn&#233; &#224; la journ&#233;e qui s'ouvrait un &#233;clairage tout en conservant leur &#233;toffe de secret. On pourrait utiliser aussi le terme d'int&#233;riorit&#233;. On s'approche d'une &#339;uvre d'art, on se regarde et on p&#233;n&#232;tre un espace d'&#233;tranget&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
4/ L'ampleur profonde de certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://jardindombres.fr/annee-3" rel="directory"&gt;Ann&#233;e 3&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/p1230132.jpg?1776000089' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Approcher l'insaisissable devant des sculptures qui me touchent sans que je puisse appr&#233;hender toute leur puissance ou leur dire. L'essentiel est qu'elles m'ont appel&#233;e, ont suscit&#233; un arr&#234;t suffisamment intense devant elles, et ont donn&#233; &#224; la journ&#233;e qui s'ouvrait un &#233;clairage tout en conservant leur &#233;toffe de secret. On pourrait utiliser aussi le terme d'int&#233;riorit&#233;. On s'approche d'une &#339;uvre d'art, on se regarde et on p&#233;n&#232;tre un espace d'&#233;tranget&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ L'ampleur profonde de certains instants o&#249; le visible et l'invisible &#233;changent des attentions, se lancent des appels, croisent des visions. Le balancement l&#233;ger de branches, la chor&#233;graphie de corbeaux freux au sein de gigantesques platanes, le grand silence qui enveloppe et le retour du regard et son appui &#224; la grande &#233;tendue du ciel. Et les pr&#233;sences invisibles qui continuent de nous escorter et nous porter o&#249; que l'on soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ Dans un t&#234;te &#224; t&#234;te avec l'invisible, marcher en tournant dans un clo&#238;tre, d&#232;s le matin &#224; l'ouverture, m&#234;me si on est d&#233;j&#224; venu quelques jours plus t&#244;t, pour s'abreuver au silence et se confronter &#224; l'&#233;criture de la lumi&#232;re &#224; l'aide de l'appareil photo . En r&#233;fl&#233;chissant bien c'est l&#224; que l'on se sent le mieux, que tout est apais&#233;, que l'&#233;nergie remonte en soi. Je le savais d&#233;j&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Le voyage du retour avec des blancs, comme une absence dans le paysage, l'impression de grandes plages de silence. &#201;couter France Culture sans savoir quelle &#233;mission, et entendre&lt;i&gt; ce rien qui avance dans les lieux perdus&lt;/i&gt;, ou croire avoir entendu ces mots et tenter de les retenir pendant toute la fin du trajet juste pour le plaisir de les &#233;crire ici et de pouvoir les retrouver &#224; un autre moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Revenir toujours et encore vers des lieux porteurs d'espace, de silence et de solitude. Des lieux &#224; l'&#233;cart de ce qui bruit. Des lieux de nature sauvage. Des lieux de ciel et de terre. La solitude se d&#233;place avec soi et se ressent alors la n&#233;cessit&#233; de lui donner toute sa place. J'ai un temp&#233;rament d'ermite qu'il faut bien combattre un peu pour rester &#224; la lisi&#232;re de ce monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ricochets/ Ann&#233;e 2/ Semaine 52 </title>
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		<dc:date>2026-04-12T15:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



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&lt;p&gt;1/ Le temps de l'&#233;criture est un fr&#233;missement au bout des doigts. Il s'impose et ne se dirige pas. Il surgit et ne s'arr&#234;te que lorsque cela se pose sur la feuille blanche ou sur l'&#233;cran d'ordinateur via le clavier. Le temps &#224; ce moment-l&#224; n'a plus la m&#234;me densit&#233;, ni la m&#234;me dur&#233;e. Ce sont des moments, quand ils se pr&#233;sentent, qui n'ont pas d'&#233;quivalents ; ils sont de sensations. &lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Un puits de lumi&#232;re ouvert entre les branches d'un arbre du jardin, c'est tout, mais c'est suffisant pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://jardindombres.fr/annee-2" rel="directory"&gt;Ann&#233;e 2&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/p1150503.jpg?1774081054' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ Le temps de l'&#233;criture est un fr&#233;missement au bout des doigts. Il s'impose et ne se dirige pas. Il surgit et ne s'arr&#234;te que lorsque cela se pose sur la feuille blanche ou sur l'&#233;cran d'ordinateur via le clavier. Le temps &#224; ce moment-l&#224; n'a plus la m&#234;me densit&#233;, ni la m&#234;me dur&#233;e. Ce sont des moments, quand ils se pr&#233;sentent, qui n'ont pas d'&#233;quivalents ; ils sont de sensations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Un puits de lumi&#232;re ouvert entre les branches d'un arbre du jardin, c'est tout, mais c'est suffisant pour faire na&#238;tre une impression de plus grand que soi, comme si &#224; l'int&#233;rieur de son corps, quelque chose s'&#233;tait ouvert, avait eu la permission de prendre de l'amplitude, et que plus d'air pouvait p&#233;n&#233;trer, et que cela allait induire plus de pens&#233;es, plus d'envies, plus de possibilit&#233;s &#224; vivre en ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Ce serait comme une fen&#234;tre ouverte sur un autre paysage, un autre temps, un autre moi. Ce serait comme s'engager dans l'int&#233;rieur d'une montagne les yeux clos, o&#249; le chemin se reconna&#238;t en touchant les parois de pierres, en laissant les odeurs circuler dans les narines, &#224; se laisser emplir de l'espace que l'on tente de traverser, se laisser d&#233;border par ces sensations que l'on a d&#233;j&#224; bien connues. No&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Derri&#232;re la fen&#234;tre, toujours et encore, comme si cela ne finissait jamais de regarder pour voir. Il ne se passe pas grand chose derri&#232;re la fen&#234;tre : une m&#233;sange qui se pose sur une branche, une branche qui fr&#233;mit, un buisson qui ondule sous la visite d'un chat, une trace qui s'&#233;crit dans le ciel, l'accroissement de l'herbe, et les songes enfouis qui reposent vifs sous le petit sapin bleu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ Durant le temps d'une insomnie, s'apercevoir que No&#235;l &#8212; l'avent, la pr&#233;paration mentale, la n&#233;cessit&#233; de chants qui &#233;voquent ce moment, le jour lui-m&#234;me qui se doit d'&#234;tre diff&#233;rent de celui de la veille &#8212; est le moment privil&#233;gi&#233; pour laisser une place &#224; l'enfant que l'on a &#233;t&#233;, lui redonner vitalit&#233; et lui manifester que l'on ne l'a pas oubli&#233;, que c'est gr&#226;ce et avec lui que l'on poursuit le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Certains mots prennent le chemin de la pens&#233;e et la colonisent. Pour l'instant c'est le mot devenir qui a pris place en mon esprit . Je l'entends ou le remarque plus souvent que n&#233;cessaire et je l'emploie aussi s&#251;rement bien trop souvent. Il a pos&#233; ses lettres, sont-elles de noblesse je n'en sais rien, mais il ne cesse d'appara&#238;tre, de m'interroger et je tente de lui faire cracher sa force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Le d&#233;sir constant, et je l'esp&#232;re jusqu'au bout de mon souffle, de l'envie d'apprendre des choses nouvelles, de lire et de sortir de cette lecture grandie, autre aussi, par ce qui vient de se mettre &#224; jour en moi. Avec chaque lecture, de celles qui questionnent, qui creusent dans la pens&#233;e et dans les id&#233;es re&#231;ues ou mortes, sentir que l'on est dans une sorte de cr&#233;ation de soi perp&#233;tuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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