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		<title>Venise, millefleurs</title>
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		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Ryoko Sekiguchi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ch&#232;re Ilaria, Je vous &#233;cris pour la premi&#232;re fois aujourd'hui. Habituellement, lorsque je commence un nouveau livre, je rassemble la mati&#232;re en lisant des ouvrages sur le sujet, ou en me rendant dans des lieux sp&#233;cifiques lorsque le projet le requiert. En ce moment, je suis &#224; Venise, avec vous comme compagne de voyage, et jusqu'&#224; pr&#233;sent j'essayais de noter ou de dessiner ce que je d&#233;couvrais et ce qui me venait &#224; l'esprit. Or, je me suis rendu compte qu'il manquait quelque chose ; comme si (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/venise-millefleurs.jpg?1780818321' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Ilaria,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous &#233;cris pour la premi&#232;re fois aujourd'hui. Habituellement, lorsque je commence un nouveau livre, je rassemble la mati&#232;re en lisant des ouvrages sur le sujet, ou en me rendant dans des lieux sp&#233;cifiques lorsque le projet le requiert. En ce moment, je suis &#224; Venise, avec vous comme compagne de voyage, et jusqu'&#224; pr&#233;sent j'essayais de noter ou de dessiner ce que je d&#233;couvrais et ce qui me venait &#224; l'esprit. Or, je me suis rendu compte qu'il manquait quelque chose ; comme si le c&#339;ur de ma r&#233;flexion &#233;tait encore absent et que mes id&#233;es pouvaient &#224; tout moment se dissiper quand je les laissais toutes seules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de ce que disait une amie romanci&#232;re : lorsqu'elle commence un roman, elle m&#232;ne des entretiens fictifs avec chacun de ses personnages. Une autre &#233;crivaine m'a confi&#233; qu'elle essayait de les dessiner pour visualiser leur apparence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, vous n'&#234;tes pas un personnage de roman. Vous avez r&#233;ellement exist&#233; dans cette ville. Je ne saurais imaginer la vie que vous avez v&#233;cue, &#224; cause de la distance temporelle qui nous s&#233;pare et qui d&#233;passe l'entendement. Je ne peux ni ne veux vous figurer en tant qu'h&#233;ro&#239;ne de fiction. Mais je puis au moins vous adresser des lettres, m&#234;me si je commence &#224; peine &#224; vous conna&#238;tre. J'ai pens&#233; qu'en vous &#233;crivant mon regard et mes pens&#233;es seraient guid&#233;s dans une direction pr&#233;cise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens s'&#233;tonnent lorsque je leur dis que j'&#233;cris sur les fleurs et les plantes de Venise, votre ville. Ils associent plut&#244;t spontan&#233;ment ces th&#232;mes &#224; Florence. Je comprends que le lien ne soit pas &#233;vident entre Venise et les fleurs opulentes telles que l'on a tendance &#224; se les repr&#233;senter. L'image d'&#238;les orn&#233;es de fleurs, d'herbes et d'arbres est des moins r&#233;pandues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, vous le savez mieux que moi, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de plantes dans cette ville, mais parce que nombre de jardins sur l'&#238;le se cachent derri&#232;re des murs. Il n'est pas rare de d&#233;couvrir des parterres et des potagers merveilleusement con&#231;us &#224; l'arri&#232;re des manoirs et des &#233;glises. Il suffit de grimper sur la terrasse d'un b&#226;timent pour apercevoir, m&#234;me parmi les b&#226;timents les plus modestes, des jardins charmants entretenus avec soin. Et d&#232;s que l'on quitte l'&#238;le principale, la verdure est tout de suite abondante. Ce ne sont certes pas des fleurs d'esp&#232;ces cultiv&#233;es modernes, aux grands p&#233;tales color&#233;s, que l'on voit, mais leurs anc&#234;tres de vari&#233;t&#233;s sauvages, plus discr&#232;tes, semblables aux fleurs de salicorne qui pousse dans les marais salants &#8211; comme la lagune de Venise &#8211;, qui sont &#224; peine visibles &#224; l'&#339;il nu. D'ailleurs, l'univers urbain n'&#233;tant pas id&#233;al pour la croissance v&#233;g&#233;tale, il serait d'autant plus passionnant de savoir comment les plantes ont su s'acclimater dans cet environnement ; cela reviendrait aussi &#224; conna&#238;tre, d'une certaine mani&#232;re, les personnes qui ont v&#233;cu dans cette ville flottante, habitat plut&#244;t difficile &#224; apprivoiser.&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens essaient d'habitude d'entrevoir une &#233;poque r&#233;volue &#224; travers des choses qu'ils croient inchang&#233;es. Lorsqu'on visite une ville historique, on a tendance &#224; compter sur les monuments, les peintures et les sites arch&#233;ologiques pour remonter dans le temps et ainsi c&#244;toyer ceux qui y ont v&#233;cu. C'est une approche judicieuse, mais il y a peut-&#234;tre moyen de se frayer aussi un chemin vers le pass&#233; gr&#226;ce &#224; des &#233;l&#233;ments que l'on consid&#232;re comme &#233;ph&#233;m&#232;res ou volatiles, &#224; l'instar des plantes, de l'odeur des objets et des lieux, des mouvements de l'air et des ombres sur l'eau. Certes, la petite herbe qui est ici sous mes yeux, qui s'escrime &#224; pousser entre les murs d'un b&#226;timent, n'est pas la m&#234;me que celle qui avait &#233;clos l&#224; il y a cent cinquante ans. Si &#231;a se trouve, elle n'existait m&#234;me pas il y a deux semaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le parfum qui s'&#233;chappe des feuilles lorsque je les &#233;crase l&#233;g&#232;rement entre mes doigts est probablement identique &#224; celui qui en &#233;manait d&#233;j&#224; il y a des si&#232;cles, et c'est s&#251;rement le meilleur exemple de la fa&#231;on dont une pr&#233;sence peut nous appara&#238;tre intacte et vivante &#224; des ann&#233;es de distance, &#224; l'inverse des sculptures antiques dont l'usure du temps a effac&#233; les couleurs magiques et qui demeurent l&#224;, toutes p&#226;les.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va sans dire que les fleurs et les plantes sont dans le monde au pr&#233;sent ; il n'y a pas lieu de projeter le pass&#233; sur elles. Mais qu'en est-il des plantes que vous avez cueillies ? Dans quel temps se situent-elles ? Elles me semblent &#234;tre la cl&#233; secr&#232;te vers une temporalit&#233; singuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ryoko Sekiguchi &#034;Venise, millefleurs&#034; (POL 2026)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;couter un autre extrait de ce livre sur le site LIMINAIRE de Pierre M&#233;nard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/venise-millefleurs-de-ryoko-sekiguchi?fbclid=IwY2xjawSQsalleHRuA2FlbQIxMABicmlkETB2MGFOSUdBTmN6Smg0MGZNc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHjhXETTRUQmaHM97orxrVPU3khENlsEqtlKXOWHazlSIXSRvN6909QWpNZ7X_aem_slbeYq3xGg_aJ8wlWFRUWg" class="spip_out"&gt;LIMINAIRE&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le format d'un livre/ 2</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Michel Jullien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rien n'est pareil avec un disque. Ils n'ont pas de couverture mais une pochette. On le tire, la pochette est de c&#244;t&#233;, comme une mue. Il y a s&#233;paration, rupture de l'objet. Le livre demeure le corps et son dedans m&#234;me. Il s'ouvre, mais alors comme s'ouvrent peu de choses et d'accessoires manufactur&#233;s, sans porte et sans tiroir, sans bouchon ni couvercle, sans fen&#234;tre, sans m&#233;canisme &#224; la fa&#231;on des parapluies. Comme les fruits &#8211; comme les hu&#238;tres &#8211;, il s'ouvre &#224; c&#339;ur de sa texture un peu comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/local/cache-gd2/0d/5624331e65b63169ec033e3dab8ff0.jpg?1780291839' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rien n'est pareil avec un disque. Ils n'ont pas de couverture mais une pochette. On le tire, la pochette est de c&#244;t&#233;, comme une mue. Il y a s&#233;paration, rupture de l'objet. Le livre demeure le corps et son dedans m&#234;me. Il s'ouvre, mais alors comme s'ouvrent peu de choses et d'accessoires manufactur&#233;s, sans porte et sans tiroir, sans bouchon ni couvercle, sans fen&#234;tre, sans m&#233;canisme &#224; la fa&#231;on des parapluies. Comme les fruits &#8211; comme les hu&#238;tres &#8211;, il s'ouvre &#224; c&#339;ur de sa texture un peu comme on fend l'eau, par le papier m&#234;me. Mais contrairement aux fruits ou aux enveloppes timbr&#233;es, il s'ouvre partout &#224; la fois ; dr&#244;le de chose, chaque page d'un livre est un autre dedans. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de fois le m&#234;me livre s'ouvre-t-il et se ferme-t-il entre les mains du lecteur ? Si chaque livre est un tout, il reste que le lecteur conserve une puissance absolue sur l'auteur, celle de d&#233;cider de ses arr&#234;ts selon ses contingences ou son humeur. Il a sur l'&#233;crivain une immense libert&#233;, le choix du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Jullien &#171; Le format d'un livre &#187; ( Verdier 2026)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation du livre de Michel Jullien sur le site des &#233;ditions Verdier :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le format d'un livre, ce sont ses dimensions bien s&#251;r, mais davantage. C'est l'exp&#233;rience d'un dehors et d'un dedans, celle d'une approche, d'un rapport physique avec l'objet, c'est un ensemble de sensations tactiles, visuelles, olfactives m&#234;me. Chacun d'entre eux est une &#171; g&#233;ographie &#187; que nous abordons quel que soit son contenu. &#192; chaque ouvrage une hospitalit&#233;, une mouture typographique, un papier, un caract&#232;re d'imprimerie ; &#224; chacun un temp&#233;rament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour &#234;tre entr&#233;s dans notre existence, ces bouquins sont nos jalons. Nous avons vers&#233; dedans une part de notre temps, un peu de notre vie y est d&#233;sormais enferm&#233;e, capable de rena&#238;tre.&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pr&#233;sage</title>
		<link>https://jardindombres.fr/le-presage</link>
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		<dc:date>2026-05-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je me sens proche de tous les enfants solitaires , je me retrouve en chacun d'eux. Je revis avec eux ces fins d'apr&#232;s-midi d'automne, d'hiver ou du d&#233;but du printemps o&#249; l'on se fortifie de sa tristesse. Le vent se refroidit ; il semble venir de plus loin que l'instant d'avant ; il tire la nuit : c'est un vent porteur d'ombre et de silence. Les corneilles s'en vont, en criant, &#224; sa rencontre. On le voudrait plus froid encore, annonciateur d'une nuit plus profonde. Les enfants solitaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/a14898.jpg.webp?1779450360' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='99' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me sens proche de tous les enfants solitaires , je me retrouve en chacun d'eux. Je revis avec eux ces fins d'apr&#232;s-midi d'automne, d'hiver ou du d&#233;but du printemps o&#249; l'on se fortifie de sa tristesse. Le vent se refroidit ; il semble venir de plus loin que l'instant d'avant ; il tire la nuit : c'est un vent porteur d'ombre et de silence. Les corneilles s'en vont, en criant, &#224; sa rencontre. On le voudrait plus froid encore, annonciateur d'une nuit plus profonde. Les enfants solitaires aiment sentir dans ces moments-l&#224;, leur tristesse grandir : elle remplace pour eux la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Gascar &#171; Le pr&#233;sage &#187; ( Gallimard 1972)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le format d'un livre</title>
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		<dc:date>2026-05-20T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si sa taille varie, le livre ne se montre pas autrement que sous la forme d'un parall&#233;l&#233;pip&#232;de. Six faces, douze, huit angles, la &#171; chose livre &#187; est faite d'un dehors et d'un dedans qui n'a rien d'une bo&#238;te vide. L'int&#233;rieur est marqu&#233; d'une douve, le pli central de part et d'autre duquel s'&#233;tire un treillis de lignes cern&#233;es de marges. Dans l'empan des pages s'ordonne le fouillis raisonn&#233; de la typographie, un mar&#233;cage patent&#233;. O&#249; regarder dans la saturation du livre ? Partout d'un bout &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/le_format_d_un_livre-768x1179.jpg?1779179560' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si sa taille varie, le livre ne se montre pas autrement que sous la forme d'un parall&#233;l&#233;pip&#232;de. Six faces, douze, huit angles, la &#171; chose livre &#187; est faite d'un dehors et d'un dedans qui n'a rien d'une bo&#238;te vide. L'int&#233;rieur est marqu&#233; d'une douve, le pli central de part et d'autre duquel s'&#233;tire un treillis de lignes cern&#233;es de marges. Dans l'empan des pages s'ordonne le fouillis raisonn&#233; de la typographie, un mar&#233;cage patent&#233;. O&#249; regarder dans la saturation du livre ? Partout d'un bout &#224; l'autre, dans la poursuite d'un &lt;i&gt;invisible apparent&lt;/i&gt;. L'invisible des lignes d&#233;j&#224; lues, l'invisible des lignes prochaines ; l'apparent qu'est le mot, un point de d&#233;placement sans cesse renvoy&#233; en avant. Il s'agissait pour moi de proc&#233;der &#224; l'annulation permanente de ce qui venait d'&#234;tre lu, mots, lignes, pages. Voil&#224; ce qu'&#233;tait lire : pousser l'&#339;il l&#224; o&#249; il n'&#233;tait pas encore all&#233; dans le p&#233;rim&#232;tre des pages, s'acquitter de la g&#233;om&#233;trie. Faire &#339;uvre m&#233;canique avant que d'en saisir le&lt;br class='autobr' /&gt;
sens. Aujourd'hui je ne fais pas mieux car enfin voil&#224; bien ce qu'est lire : ne jamais voir au m&#234;me endroit du livre. Seulement certains s'y obligent quand d'autres s'y pr&#234;tent &#224; plaisir ; j'entrevoyais ce plaisir, non sans peine et avec quelles emb&#251;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Jullien &#034;Le format d'un livre&#034; (&#201;ditions Verdier mars 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#202;tre &#224; sa place</title>
		<link>https://jardindombres.fr/etre-a-sa-place</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Par o&#249; passer ? Comment se frayer un chemin ? En s'appropriant des endroits o&#249; l'on peut &#234;tre autrement, plus ad&#233;quatement sans doute ; en arpentant de nouveaux espaces et en les faisant siens. Ce qui implique parfois aussi d'y p&#233;n&#233;trer par effraction. Non pas au sens o&#249; il faudrait forcer l'entr&#233;e, mais au sens o&#249; il faut r&#233;ussir &#224; quitter le lieu dans lequel nous sommes pris, ensabl&#233;s, enferm&#233;s. Quitter est sans doute aussi difficile qu'oser entrer. [...] Mais cette translation d'un point (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/9791032915165.jpg?1777982929' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par o&#249; passer ? Comment se frayer un chemin ? En s'appropriant des endroits o&#249; l'on peut &#234;tre autrement, plus ad&#233;quatement sans doute ; en arpentant de nouveaux espaces et en les faisant siens. Ce qui implique parfois aussi d'y p&#233;n&#233;trer par effraction. Non pas au sens o&#249; il faudrait forcer l'entr&#233;e, mais au sens o&#249; il faut r&#233;ussir &#224; quitter le lieu dans lequel nous sommes pris, ensabl&#233;s, enferm&#233;s. Quitter est sans doute aussi difficile qu'oser entrer. [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette translation d'un point &#224; un autre est aussi une effraction. Il ne s'agit pas seulement de partir, mais de briser quelque chose qui nous encercle, il ne s'agit pas de fuir ou de s'&#233;vader, mais d'ouvrir vers l'ext&#233;rieur, de cr&#233;er une br&#232;che, de faire passer la lumi&#232;re. L'effraction, c'est litt&#233;ralement, le fait de briser (&lt;i&gt;fringere&lt;/i&gt;) pour aller vers l'ext&#233;rieur, le dehors, l'autre ; pour permettre un &#233;lan vers l'ailleurs mais aussi laisser l'ailleurs ou l'autre entrer. Ouvrir le cercle, faire sauter les barri&#232;res. Quelle est la n&#233;cessit&#233; de l'effraction dans nos existences ? Pourquoi, pour certains, faut-il briser ce qui nous encl&#244;t pour vraiment exister hors d'un espace o&#249; l'on se sent parqu&#233;s, marginalis&#233;s, mis &#224; l'&#233;cart ? [&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Que faut-il briser pour exister ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claire Marin &#034;&#202;tre &#224; sa place&#034; (&#201;ditions de l'Observatoire 2022)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;ternit&#233; comme un jeu de taquin</title>
		<link>https://jardindombres.fr/l-eternite-comme-un-jeu-de-taquin</link>
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		<dc:date>2026-04-26T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Georges Perec</dc:subject>
		<dc:subject>Sylvie Coiffier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une partie de l'entreprise litt&#233;raire consiste sans doute &#224; &#171; passer les seuils &#187;, &#224; franchir les portes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans La Vie mode d'emploi, le mod&#232;le de d&#233;part de l'immeuble dont on a enlev&#233; la fa&#231;ade n'est-il pas le programme m&#234;me de l'enjambement de tous les seuils : ceux des appartements de l'immeuble, en s'affranchissant des genres narratifs et en faisant des bonds dans l'Histoire ? [&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Le sp&#233;cialiste des passages qu'est Walter Benjamin a aussi &#171; r&#233;fl&#233;chi &#187; &#224; cette question. Pour lui, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://jardindombres.fr/georges-perec" rel="tag"&gt;Georges Perec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://jardindombres.fr/sylvie-coiffier" rel="tag"&gt;Sylvie Coiffier&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/09coiffier1ecouv-558x876.jpg?1777103731' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une partie de l'entreprise litt&#233;raire consiste sans doute &#224; &#171; passer les seuils &#187;, &#224; franchir les portes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans La Vie mode d'emploi, le mod&#232;le de d&#233;part de l'immeuble dont on a enlev&#233; la fa&#231;ade n'est-il pas le programme m&#234;me de l'enjambement de tous les seuils : ceux des appartements de l'immeuble, en s'affranchissant des genres narratifs et en faisant des bonds dans l'Histoire ? [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sp&#233;cialiste des passages qu'est Walter Benjamin a aussi &#171; r&#233;fl&#233;chi &#187; &#224; cette question. Pour lui, le seuil (Die Schwelle) est une zone de transition capable de produire une exp&#233;rience. Une partie du texte autobiographique de Walter Benjamin Enfance berlinoise rec&#232;le, &#224; ce propos, plusieurs images troublantes. Notamment une armoire aper&#231;ue en r&#234;ve &#8212; le sommeil &#233;tant un seuil &#8212; qui contient des livres devenus inaccessibles. Les livres y sont couch&#233;s et, dit-il, &#171; leur place &#233;tait celle-l&#224; m&#234;me o&#249; dans le ciel s'assombrit le temps. &#187; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seuil, pour moi, c'est d'abord la biblioth&#232;que. Ce meuble, armoire, &#233;tag&#232;re ou coffre, bureau, secr&#233;taire ou pi&#232;ce enti&#232;re, est un lieu de franchissement : &#224; travers toutes les libert&#233;s qu'il permet, &#224; travers aussi toutes les d&#233;ambulations auxquelles il invite le lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Coiffier &#171; L'&#233;ternit&#233; comme un jeu de taquin &#187; (L'oeil &#233;bloui 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Engeland</title>
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		<dc:date>2026-04-18T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tr&#232;s jeune, elle &#233;crit en marge de sa premi&#232;re photographie : Me conna&#238;tre, c'est le but du silence dans ma vie.Quelques ann&#233;es plus tard, ultime confidence griffonn&#233;e au verso de son &#339;uvre finale, on lit : Cheminant en terre du vide, seul avec le seul.
&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]
&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'enfance, instituteurs et parents ne se rendent compte de rien. Son air r&#233;fl&#233;chi, sa calme absorption en classe. D'un sourire on compare la jeune fille &#224; un jour f&#233;ri&#233;, &#224; ce jour de repos solennel, d'ennui inoffensif, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tr&#232;s jeune, elle &#233;crit en marge de sa premi&#232;re photographie : Me conna&#238;tre, c'est le but du silence dans ma vie.Quelques ann&#233;es plus tard, ultime confidence griffonn&#233;e au verso de son &#339;uvre finale, on lit : Cheminant en terre du vide, seul avec le seul.&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'enfance, instituteurs et parents ne se rendent compte de rien. Son air r&#233;fl&#233;chi, sa calme absorption en classe. D'un sourire on compare la jeune fille &#224; un jour f&#233;ri&#233;, &#224; ce jour de repos solennel, d'ennui inoffensif, qui endeuille la f&#234;te des jeux. On laisse Fausta &#224; son dimanche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ignorent qu'elle r&#234;ve du jour o&#249; elle les quittera, qu'un recul d'enfant, faussement attribu&#233; &#224; la timidit&#233;, l'&#233;carte des amusements d'&#233;coliers, qu'&#224; toute autre compagnie, elle pr&#233;f&#232;re la fen&#234;tre de sa chambre. Personne ne l'y voit, le soir, &#224; l'&#233;coute, derri&#232;re les bruits de la ville, de quelque chose, elle ne sait pas, de rien peut-&#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le tendre narrateur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Olga Tokarczuk</dc:subject>

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&lt;p&gt;La litt&#233;rature est donc ce moment singulier au cours duquel une langue tr&#232;s personnelle,unique en soi, rencontre celle d'autres individus. La litt&#233;rature est un espace o&#249; le priv&#233; devient public [&#8230;] &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre langue personnelle s'&#233;labore tout au long de notre existence. Elle est la r&#233;sultante de celle h&#233;rit&#233;e de nos parents, de celle de notre entourage, de nos lectures, de l'&#233;cole et de notre sp&#233;cificit&#233; individuelle irrempla&#231;able. C'est une langue intime avec laquelle nous nous parlons et qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La litt&#233;rature est donc ce moment singulier au cours duquel une langue tr&#232;s personnelle,unique en soi, rencontre celle d'autres individus. La litt&#233;rature est un espace o&#249; le priv&#233; devient public [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre langue personnelle s'&#233;labore tout au long de notre existence. Elle est la r&#233;sultante de celle h&#233;rit&#233;e de nos parents, de celle de notre entourage, de nos lectures, de l'&#233;cole et de notre sp&#233;cificit&#233; individuelle irrempla&#231;able. C'est une langue intime avec laquelle nous nous parlons et qui ne conna&#238;t pas toujours de version &#233;crite, puisque tout le monde n'a pas l'habitude de noter ses pens&#233;es, de tenir un journal ou d'&#233;crire des textes tout court. Elle est donc aussi unique que les empreintes digitales qui permettent d'identifier un individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olga Tokarczuk &#034;Le tendre narrateur&#034; Discours du Nobel ( traduit du polonais par Maryla Laurent) Les &#233;ditions Noir sur Blanc (octobre 2020)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vertu et Rosalinde</title>
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		<dc:date>2026-03-20T07:20:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Serre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce fut une p&#233;riode tr&#232;s &#233;trange. Cela fusait d'un c&#244;t&#233; puis d'un autre, c'&#233;tait comme de petites explosions &#224; distance les unes des autres ou bien soudain regroup&#233;es, puis cela s'&#233;teignait tr&#232;s vite et au bout d'un moment, rarement au moment attendu mais plut&#244;t &#224; un moment tout &#224; fait inattendu, &#231;a recommen&#231;ait. Comme un orage terrible qui s'organise mais prend son temps avant d'&#233;clater. Il fallait se pr&#233;parer pour l'&#233;v&#233;nement. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tais-je intimid&#233;e ? Non. Je visais cela depuis la sortie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/d23692.jpg?1773991247' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce fut une p&#233;riode tr&#232;s &#233;trange. Cela fusait d'un c&#244;t&#233; puis d'un autre, c'&#233;tait comme de petites explosions &#224; distance les unes des autres ou bien soudain regroup&#233;es, puis cela s'&#233;teignait tr&#232;s vite et au bout d'un moment, rarement au moment attendu mais plut&#244;t &#224; un moment tout &#224; fait inattendu, &#231;a recommen&#231;ait. Comme un orage terrible qui s'organise mais prend son temps avant d'&#233;clater. Il fallait se pr&#233;parer pour l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tais-je intimid&#233;e ? Non. Je visais cela depuis la sortie de l'enfance, je savais que cela arriverait un jour lointain. Ce que je ne savais pas alors, c'est que tout serait organis&#233; par les morts, les fant&#244;mes qui travaillent dur &#224; ce genre de choses. L'attitude &#224; adopter avec eux, c'&#233;tait bien s&#251;r la d&#233;f&#233;rence, la modestie, presque une sorte de soumission, l'essentiel &#233;tant de ne pas perdre de vue que ce qui devait arriver, une sorte de &#171; couronnement de la Vierge &#187; fa&#231;on V&#233;lasquez, n'avait, d'une certaine mani&#232;re, pas grande importance. Ce qui &#233;tait important, c'&#233;tait cette conscience d'&#234;tre entour&#233;e par les morts, de sentir leur pr&#233;sence, de vivre avec eux, d'essayer d'apprendre d'eux quelque chose. Car ils enseignent. C'est une de leurs fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Serre &#034; Vertu et Rosalinde&#034; (Mercure de France 2025)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bruits</title>
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		<dc:date>2026-03-14T08:06:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solange Vissac</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;[06:00] &#199;a commence. &#199;a recommence. C'est un mur qui s'effondre, le fusil sur ta tempe, c'est un trou dans ta t&#234;te, fillette, le c&#339;ur, le corps dress&#233; et tu ouvres la bouche mains &#224; plat sur le lit et vite sur les oreilles mais il n'y a rien &#224; faire, fillette, c'est quoi, c'est quoi encore et &#231;a fait quel bruit ? Ce n'est m&#234;me pas que &#231;a frappe, &#231;a fait ? Quoi ? C'est le c&#339;ur trop fort, arr&#234;t&#233; pour de bon, mais non, tu n'es pas morte, alors &#231;a sort d'o&#249; ? C'est ici. &#192; c&#244;t&#233;. C'est le mur qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://jardindombres.fr/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://jardindombres.fr/IMG/logo/9782330215484.jpg?1773475652' alt='' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' onmouseover='' onmouseout='' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[06:00] [palier] &#199;a commence. &#199;a recommence. C'est un mur qui s'effondre, le fusil sur ta tempe, c'est un trou dans ta t&#234;te, fillette, le c&#339;ur, le corps dress&#233; et tu ouvres la bouche mains &#224; plat sur le lit et vite sur les oreilles mais il n'y a rien &#224; faire, fillette, c'est quoi, c'est quoi encore et &#231;a fait quel bruit ? Ce n'est m&#234;me pas que &#231;a frappe, &#231;a fait ? Quoi ? C'est le c&#339;ur trop fort, arr&#234;t&#233; pour de bon, mais non, tu n'es pas morte, alors &#231;a sort d'o&#249; ? C'est ici. &#192; c&#244;t&#233;. C'est le mur qui s'effondre, un troupeau d'&#233;l&#233;phants, de buffles, c'est l'arm&#233;e, &#231;a te traverse la t&#234;te, s'infiltre dans le trou, dans ce trou de la t&#234;te que le bruit a creus&#233;, &#231;a vibre et tu l'entends, c'est un bruit dans une br&#232;che, une br&#232;che, quelle br&#232;che ? C'est un choc vertical, une masse contre un mur. Un mur ? Non c'est plut&#244;t le palier, c'est des coups r&#233;p&#233;t&#233;s, &#231;a cogne &#224; la surface, &#231;a d&#233;truit et &#231;a fend la porte de la chambre, la porte de l'entr&#233;e. &#199;a se propage partout, c'est pass&#233; sous la peau dans le conduit de l'oreille, c'est ta chambre qu'on ouvre et c'est ton corps qu'on prend, qu'on arrache, qu'on entra&#238;ne. Non. C'est la porte d'en face, s&#233;par&#233;e de la tienne par ces m&#232;tres de palier. Oui, voil&#224;, on y est. Il y a des mots maintenant et tu peux les entendre et tu peux les comprendre, es assez &#233;veill&#233;e. Fillette sur le lit les mains pos&#233;es &#224; plat, tu entends que &#231;a parle et se d&#233;tache, il y a une voix humaine POLICE OUVREZ. Voil&#224;, tu as compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli &#034;Bruits&#034; (&#201;ditions Inculte/Actes Sud 2026)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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