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entre le rien et quelque chose
aller se perdre là
dans une effroyable spirale
où le vent chasse les cendres
le jour ouvert devant soi
ta voix en chapelet
au coin des lèvres
le texte est un nuage
il suffit un jour de dire
les mots qu’en marchant
on garde dans la bouche
le souffle de nos rides
à l’ombre des dépits
il faut inventer autre chose
espérer pour tout
le ciel n’entre pas toujours par la fenêtre
c’est une herse qui passe
dans le tunnel des phrases
comme une joie qui n’attend pas
dans le reflet des mots
hors de toute atteinte
l’étoffe du ciel
passerelle vers une autre rive
nous sommes de passage
par syncopes et à contre temps
heurter de la tête le soc du temps
jusqu’à l’os
des souvenirs affleurent
un battement de peu
juste une frange de moi-même
un point bleu
d’un petit rien embroussaillé
la verticale se ressaisit
on amarre les ailes de lumière
au carrefour de l’impensable
on sort et recommence
presque rien
la tranquille évidence
d’un reflet bleu
un temps suspendu
dans la phrase jusqu’au cou
à force de marcher en soi
juste la béance la plaie
chercher son fantôme