( descendre dans une photographie comme dans une page de géographie) prendre le temps du regard — le temps de l’attention...
( voyager dans l’arrière-pensée mieux accueillir ce qui tremble ) rien ne va de soi —...
( agrandir les murs dans le labyrinthe mouvant de l’écriture) c’est manière de prendre...
( comme une basse continue la petite voix intérieure) écouter ce qui se murmure...
( le mouvement de la phrase à faire chanceler) la marche entre les arbres — le...
( pouvoir être hanté porté par un flot de métaphores) rester sous les voix — sous la ligne de flottaison de ce qui se trame dans les ailleurs —...
(dans la lumière de l’enclos le vêtement des choses) rester présent au monde —...
( je marche au bord à toucher le rivage d’un réel) les yeux grands ouverts — on...
( à la portée des pas la vie se met à marcotter) ainsi déferle le flux de pensées —...
( ce n’est pas un lieu mais un point de départ) à creuser encore et encore les recoins d’ombres — on finit toujours par trouver un peu de lumière...
( dans les craquelures de la carte une fenêtre sur un monde) au carrefour des lignes tortueuses ou...
( dans l’ombre où nous vivons écriture du réel ) affronter les fragments de réel —...
( dans l’ombre où nous vivons écriture du réel ) affronter les fragments de réel —...
( les bras des souvenirs ils enlacent ou ils serrent) derrière le front de rides les...
(au travers d’un éclat de phrase un pan du monde) quelques mots que l’on lit ou entend —...
( racler l’inépuisable se remettre dans le jour) tracer quelque chose — laisser...
( où trouver l’essentiel peut-être dans un détail) la manne d’informations dont on ne veut plus —...
( une suite de lambeaux donner forme à un impossible ) laisser aller ce qui tremble encore un peu — avec...
( comme un caillou à serrer dans la poche) vouloir retenir entre les doigts ce que l’on voit — l’immensité de ces paysages caressés par le ciel —...
(rien n’existe sans trace agrandir son ombre) tout est déjà écrit — alors à quoi bon poursuivre — mais rien n’y...
(parfois des journées blanches la tête ailleurs) rien ne s’inscrit entre les tempes — impossible de rien — ni penser...
(vous vivez dans la bibliothèque un labyrinthe pour se trouver) les poètes sont là — ils tissent et affabulent les...
( corps flottants qui demeurent présents et irréels) ils se tiennent en embuscade — surgissent quand bon leur semble — font un bout de chemin...
( comme si l’on entrait dans les plis d’une blessure) et que l’on en écartait les lèvres — juste pour voir la sensation produite — comme on...
( afin de récupérer l’irrécupérable de tous ces instants dilapidés) écrire ne serait que ça — donner sens à la fuite du temps — se saisir de ces...
( nous cherchons tous un objet qui s’absente) au fur et à mesure que passe le temps — des fragments de soi s’égarent — se dispersent dans les...
( et l’absence d’air comme une privation de liberté) silence plénier des ruelles désertes où trop de chaleur — trop de rien à y faire — trop de...
(il n’y a pas de rebords à saisir) pas de cadre où s’accrocher — la vie s’effiloche de tous côtés — le paysage mental est vide — aucun écho ne...
( des mots pour ouvrir des paysages des échappées vers le large) il suffit de pas grand-chose — et des images surgissent — colonisent l’esprit —...
( un ciel pâle on dirait presque malade où tout le bleu s’est absenté) par paresse on serait tenté d’aller se recoucher — ou de rester là à...
( un récit est ce qui est récité cité à nouveau) tournoyer toujours autour des mêmes pensées — ou des souvenirs de ce quelqu’un que l’on a été —...
( pensées surgies à l’improviste prunes tombées sous un coup de vent) se fondre dans les pensées sauvages — y croquer le fruit du jour —...
( l’inspiration naît d’un éternel « je ne sais pas ») n’avoir aucune certitude — sur rien ni sur personne — et chaque matin redécouvrir le jour —...
( passer la main à travers, métamorphoser la vie) sauvegarder cet instant — celui où l’esprit s’écarte du filet — et s’enfuit vers ces zones...
( une chape d’un ciel noir au-dessus de la tête) et les idées qui vont de pair — alors fuir s’enfuir s’échapper d’un lieu — traverser des...
( toujours la même paresse au moment d’écrire) le à quoi bon récurrent — et puis jeter la phrase de quelqu’un d’autre sur le papier — les mots...
(mais comment se recentrer quand tout se décentre) écouter les chants d’oiseaux — pour savourer les silences qui suivent — un travail de l’infime...
(pendant que les mots se cherchent d’autres s’articulent) sans empreinte — sans vestige de leur passage — dans le ciel désormais rugueux de la...
( pendant tous les moments où la lumière vient d’en-bas l’esprit rumine) le téléphone à la main — mais pas pour parler — l’allure se fait lenteur...
(comme des langues mortes qui vivent encore en nous) ainsi des gestes que l’on reproduit sans savoir — une manière de couper un légume en cubes...
( un ciel sombre et dedans comme dehors une impression de nuit) faire l’effort de voir — à neuf heures du matin — sans allumer les lampes — se...
( le réseau de racines souterraines qui court au fond de chacun de nous) les racines et leur verticalité — avec un bas et un haut — celles de nos...
( de quelle étrange ombre cherchons-nous l’apaisement) nourrie des abandons successifs — ou plutôt de ce que l’on est forcé d’abandonner —...
( aller puiser là-bas un peu plus de silences) dilution des silences entre les rais de lumière — dans la pénombre d’une forêt — entre les troncs...
( ce serait comme créer un monde dans un huis-clos) se calfeutrer entre les pages d’un livre — et lutter contre l’impondérable des jours — dans...
( la page blanche où l’on divague sans s’égarer) que ce soit sur un petit carnet à spirales — sur un cahier à couverture moleskine — sur un...
( broder les heures les unes après les autres ) les yeux étroits comme ceux d’un chat — les yeux durs à décortiquer les grains de terre au sol —...
( baisser la tête jaillir d’étincelles et de cendres) face à un monde qu’on ne peut que désavouer — tisser ses propres récits — manière de...
(inventer ses propres chemins de traverse où se perdre ) faire fi des frissons — continuer à effleurer les forêts — aux branches qui se ploient...
( déceler l’invisible dans la moindre pépite de visible) entre les fragments de ce qui semble être — désir volonté décision persévérance — tout...
( changer l’ordre des choses tel qu’il nous apparaît) repousser les ombres que l’on a fait se lever — elles sont là rassemblées autour de la...
( dans l’indistinct et continuel travail sur soi plane une pénombre) pas de déambulation dehors — la chaleur est trop forte — alors errer dans...
( ils sont quatre dressés sur leurs ergots blancs comme des lys) se laisser émouvoir par des fleurs — un émouvoir de surprise de les trouver là —...
( l’épaisseur derrière les surfaces pour fabriquer son dedans) des brumes flottent sur les ruines de nos visages — les rides érigent l’épaisseur...
(travailler la matière des motifs répétitifs ) mettre de l’ordre dans l’écriture — ce qui revient — ce qui insiste — ce qui n’en finit pas de...
( à chaque dépli du livre ouvert garder cette agitation) le hasard de ces agitations — à la découverte de nouvelles pages — des livres inconnus —...
(je commence des phrases dans ma tête et je les finis jamais) un paysage s’ébauche — un moutonnement de collines — quelques creux d’ombres — des...
(le rythme est lent aujourd’hui tenter un nouvel itinéraire ) inlassable désir d’écriture — où l’on n’arrête pas de buter contre les murs de sa...
(entre la lecture et le for intérieur, la particularité des recoins ) il faudrait laisser aux recoins le soin de rayonner — leur réinventer cette...
( pendant ce temps le monde roule et le carnet croule sous les traces) des cubes aux arêtes noires — dévalant la coulée de lave — avec en eux le...
(trouver le moindre détail merveilleux comme un présage) capter des signes ou des images — dans l’ordinaire des heures — dans le familier sur le...
( avant de m’égarer un peu couper court aux reflets devant cette ligne en train de s’écrire ) prendre son inspiration dans des ailleurs — de ceux...
( grand ciel gris pour ce premier jour de juillet symbole des vacances) conserver ce rythme intérieur de périodes de vacances — sans doute pour...
(le dehors dépecé, haché menu, branches cassées gisant au sol, l’orage a sévi) une serpe tranchant les branches fragiles — sans cris entendus —...
(s’apercevoir que les premières fleurs des roses trémières d’un rouge carmin se sont installées ) floraison — on en rêverait ici aussi — que...
( un érable a posé ses racines dans le jardin en catimini) de jour en jour — entre bleu et noir — entre présence et absence — dans une sorte de...
( le jardin bien nettoyé semble différent les oiseaux doivent trouver d’autres habitudes) quelque chose pourrait monter de la terre — comme une...
(toilettage intensif de ce jardin sauvage les oiseaux vont déménager pour la journée) contempler la masse de textes engrangés dans cet ordinateur...
(quelques petits points rouges dans le cerisier comme la possibilité d’un avenir) savoir la journée qui se pointe emplie de solitude — le vivre...
( cela pépie de tous côtés à tort et à travers dans le jardin on ne sait où donner de l’oreille) on voudrait bien connaître la teneur des...
( l’étonnement d’une vache à l’ouverture de la porte-fenêtre qui semblerait vouloir dire quelque chose) changer de maison et de lieu — c’est...
( fixer les hampes des hautes herbes qui ondulent tout en douceur) aller chercher cette douceur — ou cette sorte de paix indispensable — celle...
( le ciel plein de rides est d’une tristesse inutile) sous les tempes les à quoi bon qui résonnent — me sens prête à tout laisser tomber — les...
( une déclinaison de rouges sur les pétales de fleurs des bégonias) serait-ce la dominante du jour qui n’a encore rien dit — il y a de la...
( les rameaux de bruyère pas encore porteurs de fleurs verts de lumière) distinguer dans la verdure en ébullition un ou deux brins — comme dans...
( ramasser la fleur papillon du tamaya qui s’épanouit depuis qu’il vit sous la véranda) à la lumière d’un autre monde — rappelant celui des...
( les bras des arbres s’étirent s’étalent sillonnent vers le ciel et envahissent ) dans l’abandon du matin se dire que rien ne va s’écrire —...
(hésiter entre il va faire soleil et sûr il pleut dans pas longtemps) âme errante dans le phare intérieur — à ne pas savoir — à hésiter à être...
( ouvrir grand la fenêtre et sentir la fraîcheur sillonner sous les pores de la peau) c’est comme écouter le magnificat d’ Arvo Pärt — goûter à...
(un jardin sauvage qui vit sans se soucier de quiconque et sur qui je pose mon attention ) le pépiement des oiseaux berce les pensées — et que...
( la fleur rouge de l’hibiscus ouvre ses pétales assaillis de lumière) quand l’invisible se révèle dans un tressaillement — prendre le temps de...
( les bruits du matin les proches et les lointains les doux et les gênants c’est la vie en quelque sorte) on ne sait pas de quoi sont faits les...
(ouvrir grand les fenêtres et laisser se glisser l’air frais du petit matin) certains textes lus au réveil possèdent ce bienfait d’air frais —...
( de petites gouttes d’eau qui brillent au bord d’une feuille oblongue du bambou nain) comme des battements d’ailes pour happer le regard — le...
(l’herbe couchée par l’orage de grêle de la veille comme une rivière d’algues) pensées innombrables qui envahissent — étalent leurs langues —...
(les yeux noyés dans tous les verts dont il faudrait pouvoir décrire toutes les nuances) jongler avec les mots — les lancer dans les airs — et...
( une petite joie à découvrir des bébés escargots calfeutrés entre des livres sous la véranda) se réjouir de petites choses — qui surgissent de...
( scruter les branches à la recherche de l’oiseau qui chante et rester à l’écoute) même invisibles certains êtres nous escortent — dans les...
( un mois de mai sous grisaille et humidité c’est mieux qu’une chaleur dense) il suffit d’accorder le corps — au dehors et au dedans —...
( bandelettes de brume au loin avant que tout reprenne vie dans une sorte de doute) sensation d’être dans des limbes — celles du jour qui se...
(un rideau de verdure qui encercle ou protège selon l’état d’esprit où se sentir) enserrée peut-être dans le carcan choisi — mais l’écho de voix...
( les bambous nains du talus émergent à peine au sein des herbes folles ) écrire avec ce qui vient — les mots de tous les jours — ceux qui...
( d’une fenêtre à l’autre un ressentiment différent des caresses du vent) se tenir entre — ce qu’on est — et ce qu’on voudrait être — ou ce que...
(la jungle du jardin comme un terrain de jeux pour des chats et des oiseaux) étreinte des herbes hautes — empennées de duvet — mouvements doux et...
(un oiseau semble nicher au-dessus de la fenêtre de mon bureau et me rappelle la mésange qui venait frapper au carreau) comment dire ces...
(apercevoir les premiers fruits oblongs accrochés sur le prunier) malgré tout ce qui obstrue les pensées — de l’extérieur ou de l’intérieur — et...
(air vif et froid on referme vite la fenêtre la douceur est reportée) manque de lumière — du dehors et du dedans — une lassitude envahirait vite...
(la rumeur du trafic sur l’autoroute monte jusqu’ici et la fraîcheur du matin me saisit) éprouver ce moment matinal — alors que tant d’autres...
(crépitement de la pluie sous la véranda un motif prend forme soutenant le pointillisme des vitres verticales) un dehors qui sera inaccessible...
(beaucoup de brouillard petite pluie air frais une journée casanière se profile) on se croirait au déclin d’un jour que l’on n’aurait pas vécu —...
(un merle sans aucune crainte sautille sur le talus pendant que des jardiniers coupent les herbes folles tout au bord) parfois il faudrait faire...
( soupeser la circulation sur l’autoroute et le cheminement de l’escargot sur le rebord de la fenêtre) comment appréhender de la meilleure façon...
(des diagonales d’ombre segmentent le jardin sur fond de lumière brillante de la pluie de la veille) paisiblement passer de l’une à l’autre —...
(un merle sur un arbre et la première rose sous la fenêtre éveillent mon regard) commencement du jour — une genèse toujours renouvelée — séparer...
(ébauche des boutons du géranium rouge renaissance après les mois de dormance) combien de temps peut-on demeurer en hibernation de soi — bien...
( légères ondulations des buissons et des arbres et puis la caresse de la pluie) un treillis d’ombre pour ce jour — et le crépitement des gouttes...
(conversations de pies de merles et de mésanges que j’aimerais bien pouvoir traduire) dans la spirale du matin — on voudrait bien ouvrir des...
( dans le mitan du jour une lumière qui enlace et règne sur tout le jardin ) les jours qui se succèdent — tous semblables et tous différents —...
(des grappes de cônes tout en haut d’un conifère comme une jupe longue) les yeux perdus se posent ici ou là — dans le froissement des verts — des...
(l’ombre portée de la maison laisse au jardin le temps de s’éveiller dans la douceur) la lumière d’aujourd’hui — et les ombres de ceux qui ont...
( un ciel sans attrait inerte gris et replié sur lui-même) un dehors conforme au dedans — avec le regard voilé — et le monologue des jours sans —...
( des bourrelets d’herbes sauvages colonisent le jardin se sentir invité) entrer en écho avec le sauvage — ce qui remue au fond de soi — que l’on...
(réaliser l’espace colonisé par le cerisier avec l’étendue de la frondaison) l’ampleur sans fin des questions — celles qu’on peut résoudre — et...
(petites gouttes d’eau stagnantes sur les longues fenêtres de la véranda comme un tableau pointilliste) on pourrait rester les heures nécessaires...
(une mésange tête en haut tête en bas virevolte dans le prunier) et si le poème lui aussi se mettait la tête à l’envers — et s’essayait à tourner...
( les sirènes des pompiers ou d’ambulances recouvrent le chant des oiseaux) les bruits toujours à l’improviste — ils donnent la tonalité du jour...
( changer de point de vue et plonger dans le fouillis de verts et quelques douceurs blanches) chercher de l’épaisseur et de l’intensité — dans ce...
(la rumeur de la civilisation monte et recouvre les couches tranquilles du matin) esprit contrarié par le manque — et bien au-delà par la...
(les arbres s’étoffent de feuillage en un éternel recommencement) c’est comme une montée des eaux — cette abondance de feuilles sur les...
(l’herbe croît de jour en jour et les pétales de fleurs des arbres fruitiers se sont évaporés) des souvenirs s’effacent que l’on cherche à...
(l’oiseau insiste net avec sa mélodie qui monte dans les aigus dont je n’ai pas la traduction) sur le bout de la langue — les mots qui se sont...
(trois pappus ou aigrettes arborent leur faisceau de soie redoutant ou espérant leur dispersion par le vent) la tête au vent avancer — dans...
(mélodie des gouttes d’eau sur les vitres de la véranda) les pensées s’éparpillent tels les pétales de fleurs du pommier — se dire qu’il faut...
( poser à nouveau le regard sur le dehors d’ici et voir que tout est en place) ne pas savoir quel fil tirer ce matin — encore trop empreinte des...
(prendre note des gouttelettes immobiles sur les baies vitrées puis de la caresse du soleil) tout ce qui s’amoncelle en soi — sinue et remue —...
( minuscules feuilles de bouleau en effervescence douce pour ne pas déranger) quelque chose de presque invisible semble naître sur les branches —...
(lorsque même les fleurs semblent fatiguées d’être fleurs et songent à des jours meilleurs) l’œil plissé pour retrouver la vigueur d’une époque...
( serait-ce la tonalité du jour déclinée dans cette lumière grise et atone) ne pas perdre le rythme trouvé ces derniers jours — contempler le...
( bruine ou petite pluie que l’on regarde s’évanouir sur la terre) et l’on imagine le dessous — on voudrait bien entendre le chant de l’eau...
(branches fleuries blanches et tronc couvert de lierre le cerisier entre terre et ciel) une journée à vivre entre les bras — les ouvrir grand —...
( éblouie par le percement du soleil entre les feuillages ne plus voir que des scintillements) se frayer un chemin — entre ce qui sur la pupille...
(ne voir dans l’au-delà de la vitre que l’efflorescence blanche comme un privilège) se laisser troubler par le dehors — et rechercher en son...
( on pourrait presque se croire en un jour de printemps) dans un brouillon de voix — récolter des bouts de rêves — où arpenter un sentier d’exil...
( comme si tout semblait figé sans plus aucun souffle d’air) et dans la langue on voudrait bien que cela remue — retrouver le murmure des sources...
( penser qu’on voit sans voir ce qui dehors se trame) et en soi ce qui résonne — dans les interstices de la fatigue — ou dans les langues de...
(la nuit a été froide et tout ce qui pensait le printemps installé replie ses ailes) ce qui sourd de la terre — et ce qui croît dans les méandres...
(comme un jour de novembre en avril tentant de s’extraire du brouillard) le dehors ne sera d’aucune aide — il va falloir aménager le dedans — et...
( il est des jours gris il est des jours bleus et le prunier poursuit sa floraison) quand écrire permet de rester dans le bleu des jours — quand...
( l’efflorescence blanche s’est répandue par grands pans sur le prunier) naissances de fleurs — et hier ma petite-fille a poussé les portes de ce...
(avec confiance les branches basses du prunier blanchissent défiant la grisaille du jour) trouver sa couleur de voix — en contrepoint du monde...
(un oiseau que je ne verrai pas pépie juste pour m’inciter à regarder le dehors) penser à partir de l’instant présent — laisser filer le mental...
(les fleurs du prunier encore bien calfeutrées dans leurs bourgeons se tiennent dans l’attente) consentir à l’espérance — et accepter ce...
(froid dehors et talus blanchi rien ne bouge) comme un silence — à accueillir — à respecter — cela pèse un peu — mais c’est une matière à...
( gouttelettes sur la vitre et en écho les bourgeons sur le prunier ) pointillisme du matin — où les pensées jaillissent — réjouissent — semblent...
( le calme d’un matin sans projet juste un peu triste) toute l’immensité des possibles — dans la fenêtre de l’ordinateur — allumé dès le réveil —...
(veiller sur l’évolution des bourgeons du prunier être dans cette attente du surgissement de la fleur) ce qui est enfoui — et qui renaît...
(genèse de bourgeons ancrage de floraison future blanche ou rose) besoin d’imaginer ce qui se prépare — replier les pensées dans ces germes...
( être juste à l’écoute du dehors : gazouillis voitures voix silence) harmonie avec les bruits du dehors — des sons variés résonnent aussi dans...
( guetter le moindre bruissement dans les buissons, mais non rien ne se passe) comment dire le simple le banal — cette part de vie ordinaire — ce...
( on le sent bien que l’on se dirige vers une renaissance) de la lumière au ricochet des mots — des rencontres aux échanges denses — comme...
( on sent bien que le ciel hésite ce matin et se demande s’il va pleuvoir ou non) se sentir dans cet entre-deux des pensées — comme du linge...
(et s’il ne chantait que pour moi cet oiseau invisible) se tenir derrière la baie vitrée — dans l’espoir de voir — quelque chose qui souffle —...
(changer de versant pour la fenêtre et soudain tout s’éclaire) rester là à regarder ce qui bouge — dans toute cette végétation de jardin sauvage...
( conversation entre des pies posées on ne sait où) des mots qui s’échangent entre amis — il faudrait enregistrer — car on le sait tout est...
(ouvrir la fenêtre et ressentir l’intensité de la fraîcheur) rester là longtemps — à soupeser les mots de ce qui fut — qui relatent ce que l’on a...
(branches et rameaux ont entamé une danse que l’on pourrait nommer slow vif) entre les pensées alourdies — un peu d’air s’insinue — et réveille...
(ce serait comme un printemps qui se profilerait entre les branches) ce serait comme regarder avec un regard d’arrosoir — et voir autour de soi...
( immobilité du temps, c’est à peine si un nuage se laisserait glisser dans le ciel) et à l’intérieur de soi — le monologue n’en finit pas de...
(on ne saurait dire la couleur du jour mais de petites gouttes de lumière perlent au bout des branches) se sentir flottant — ne plus savoir si on...
(les nuées défilent à vive allure et la lumière est perçante) un bureau vraiment tout en désordre — des livres amoncelés — des feuilles de dessin...
( jour clair, paisible, les branches s’agitent imperceptiblement) importance d’une fenêtre — dans le lieu d’écriture — lever les yeux du livre —...
( gris poussiéreux bistre pâle éteint cendré sombre morne) se tenir aux aguets d’un dehors — besoin de couleurs — un filet de mauve sur une...
( des langues de vent rampent entre les branches des arbres et arbustes) sorte d’étagère posée sur le bureau — contre le mur — avec des cases sur...
(tout hésite encore dans le jardin entre la lumière et les ombres) mais vivre déjà c’était plus fort que pleurer — c’est écrit sur une carte —...
( tout ce que je ne sais pas voir dans le dehors du jardin qui murmure) entre livres et crayons — prendre conscience de ces objets — posés là — à...
( l’herbe du jardin blanchie on entend les vers de Victor Hugo en écho) des fonds de mémoire frémissent — dévoilent des images ou susurrent des...
(trois mésanges tourbillonnent puis se posent sur une branche mais jamais très longtemps) guetter le retour des amies — pour nourrir le monologue...
( c’est clairement du brouillard qui accueille mon regard) pensées lacunaires — ne pas savoir où avoir été — rêve ou songe d’après lecture —...
( ce matin tout hésite brouillard ou lumière on ne sait et qui pourrait bien savoir...) être plusieurs en soi — sentir les tentacules — à tour de...
( sur une branche grise et nue un pigeon recroquevillé de froid) aux premières secondes du réveil — attraper au vol ce qui va s’échapper — on le...
(le thermomètre signale une température négative mais l’herbe n’est pas gelée) se dire aujourd’hui je reste au dedans — entre les murs de pierres...
(le sol à nouveau blanchi, encore un peu de patience pour la venue du printemps) tendre la corde du jour — avoir hâte que février se termine —...
(un froid vif sans gelée avec une belle lumière) ne pas arriver à lutter contre une intense fatigue — savoir le trop plein de choses à faire — ne...
(prendre note de la raréfaction des mésanges dans le jardin) se tenir comme sur le rebord d’une fenêtre — faire le bilan des choses accomplies —...
(de la lumière blanche dans l’épais buisson on dirait des fleurs de lampes) des souvenirs qui s’articulent — un prénom et un nom sont offerts —...
( des gouttes d’eau glissent sur les vitres de la véranda) lors d’une traduction — dire plus ou moins que ce qui est écrit— ou même légèrement...
( entre deux eaux mille pensées et sous le regard d’un freux au sommet du grand sapin) petite chose sans consistance — cela rejaillit sans...
( le bureau infusé de la lumière naissante prend des airs de navire) en soi il semble qu’on avance — sans savoir vraiment comment — le monde...
(pourquoi le dehors a-t-il autant d’importance pour le dedans de soi…) une main gantée de noir — mais semblant être la peau même — avec des...
( comme un printemps qui s’installerait avec un peu d’avance) la mémoire qui remonte loin au fil des ans — et qui contemple les fruits charnus...
( on dirait bien que le ciel a enfilé sa tenue de carême et le buisson derrière la fenêtre s’épanouit de fleurs blanches) comment dire...
( tranquillement assister à la naissance du jour anniversaire d’une mort) feuilleter le livre morceaux choisis de Victor Hugo — comme tous les...
(on dirait bien qu’il n’y a pas un souffle d’air pour éveiller le dehors) fraction de seconde — où tout peut basculer — ou non — mais cette...
(une certaine fraîcheur mais moins ardente et toujours cette lumière bienfaisante) sensation de progresser dans les projets entrepris — d’arriver...
( on pourrait juste dire que la lumière est bien là) à cheminer entre passé et présent — à ne plus savoir qui on est vraiment — qui avoir été —...
(des reflets de soleil se dorent sur les fenêtres des immeubles) la lumière redonne forme — comme des souvenirs dont on ne savait plus rien —...
(de gros buissons touffus et informes derrière la fenêtre comme un miroir) des interrogations en tête — qui s’élancent et bourgeonnent —...
(un freux tout en haut du grand sapin une envie de dialoguer ) méditer avec lui sur le passage du temps — sur l’invisible ou ce qui échappe —...
( froid vif et lumière franche pleine de possibles) comme des entailles — ou une brûlure — mais sans douleur — juste comme métaphore — mais qui...
(entre les branches du bouleau cela éclaire vraiment) en quête de lumière — comme jamais — sortir de cette pénombre — et de ses filets — tisonner...
( se lever avant la venue du jour et rester longtemps dans sa nuit) se débarrasser des images du réveil — lourdes et glauques — celles qui ont...
(lentement la lumière du matin se dilue sur le jardin) dans les tourbillons des paradoxes — les pensées se tricotent et se détricotent —...
( ciel de février sans attrait ni envie de vivre) à force d’un je ne sais quoi on y arrive un peu — il faut juste qu’une petite main se saisisse...
(une étoffe grise et sale au-dessus de soi ce matin) on voudrait pouvoir faire un appel d’air — creuser un orifice dans cette nappe morne —...
( quelques gouttes surplombent la terre) se sentir en dessous des possibles — de ce que le corps est capable de faire — de tout ce qui n’en finit...
(comme un nouveau ciel bleu qui s’installerait) à nouveau cela brasse encore en tête — des saccades d’angoisse surgissent — se sentir comme une...
(la lumière enfin dès le matin s’installe) une énergie bienfaitrice ce matin — l’objectif est le rangement — celui du bureau — où plus rien ne se...
( l’uniforme gris du ciel pèse un peu) face à ce ciel de tension --- se réfugier dans ce qui fait être — ce qui ouvre le regard — ces mots blancs...
( se frayer un regard dans un dehors bien brouillé) pensées qui ne se posent sur rien — mais ne se reposent pas pour autant — cela tourbillonne...
(croassement d’un freux dans le froid) le cours d’un jour d’hiver — entre imaginaire et concrétion — projet et mise en mains — les idées qui...
(des zestes de neige sur les branches) les battements de cœur — ces pulsations de temps à ne pas écouter — la scansion du temps — puis l’écriture...