Accueil > Ricochets > Ricochets/ Année 3/ Semaine 23
1/ La sensation de peu de vie désormais, ou d’une vie où l’on est plus vite dans l’épuisement sans avoir me semble-t-il fait beaucoup de choses dans une journée. C’est ainsi. Je prends note de la chance que j’ai de me nourrir de nombre d’activités qui me comblent, il faut juste veiller à une juste répartition de son temps afin d’en goûter toute la saveur sans épuisement. Je suis une privilégiée.
2/ Un jour couleur de topaze mystique, où se tricotent des rencontres fortes, des témoignages de vies qui bouleversent, une pluie légère qui redonne vie à la terre, une balade artistique dans le monde de photographies qui tentent elles aussi de dire une intensité de vie, une vision de petites choses qui, rassemblées avec doigté laissent surgir un univers où puiser encore et encore ce qui irriguera les jours à venir.
3/ Chaque jour s’essayer à défroisser ce qui est chiffonné en soi et gêne une vision claire de ce qu’il est encore possible de vivre. Les ombres, qui nous rendent reclus, peu à peu se volatilisent, lorsque, de notre pas désormais lourd et lent, nous appuyons fortement sur le sol, et nous extirpons avec le regard portant loin devant soi. Et les visions qui vont nous aimanter se colorent à nouveau.
4/ Sautes d’humeur, visions sombres, soupirs pour des riens, puis éclats de vie à nouveau, nous passons notre temps dans ces montagnes russes de sensations, qui dévalent en soi sans aucune prévenance. C’est ainsi que l’on vit dans une sorte de découture de son être à laquelle il faut bien se résoudre. Entre les écueils ou les méandres de ce qui fait nos vies, pas à pas, garder le souffle, recoudre.
5/ Au coin de l’œil, il y a toujours le rêve de l’inespéré. Un appareil photo entre les mains, on cherche cet invisible aux yeux du commun des mortels, qui va jaillir d’entre les ombres et se réfugier sur la carte mémoire, bien souvent sans qu’on en ait la conscience. Un lointain se donne à voir, le fugace s’attarde, un murmure se délivre, un émoi se distille, au coin de l’œil.
6/ Comment entre-t-on dans un livre inconnu ? Quelle alchimie se met en place pour que nos mains s’emparent d’un livre sur les tables des librairies ou les rayonnages d’une bibliothèque ? On le saisit ; le toucher succède à la vue qui a déclenché le processus. Première phrase, quatrième de couverture ou une page au hasard, à chacun sa manière de faire. Ma préférence est de lire la première phrase.
7/ Ces notes ici comme dans un fourre-tout, une grande malle d’autrefois où ranger tout son bagage, là ce sont des pensées qui naissent puis s’enfuient aussi vite si elles ne sont pas écrites. On dépose dans un coin, cela s’entasse, cela finit par faire quelques pages que quelqu’un lira peut-être un jour ou qui dormiront et seront détruites ; Le temps de l’écriture, elles ont accompli un travail de bienfaisance.
