Ricochets/ Année 3/ Semaine 21

mardi 26 mai 2026, par Solange Vissac

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1/ Chaque chose à sa place et chacun dans sa vie. C’est ainsi. Entre quatre murs et l’univers où évoluer, toujours masqué ou revêtu de sa tenue d’anonyme, dans nos vies un peu floues, emplies d’incertitude, et dont on cherche à colmater les failles et les déséquilibres. Ne pas pousser la pensée trop loin quitte à se retrouver face à l’absence de sens qui pourrait se profiler, l’absurdité de tout.

2/ Passer des heures entre les lignes de livres ou entre celles que l’on tente d’écrire, est-ce vivre une existence parallèle ? Un mille-feuilles où se régénérer ? Je parlerais juste d’un luxe inouï de pouvoir redoubler d’être. La chance de pousser plus loin ce que l’on est aux yeux des autres. Une vie secrète, pourquoi pas, qui se partage avec quelques initiés. Une vie amplifiée cela est sûr et certain.

3/ Je suis dans cette attente de la naissance d’une phrase. Dans ce moment qui précède ce qui va prendre forme sur l’écran d’ordinateur ou sur la page de mon carnet. L’instant où l’on ne sait rien de ce qui va surgir entre les tempes et entre les doigts. Je me tiens là, en suspension sereine, dans ce flux de secondes qui vont jaillir et et permettre que l’écriture se dépose.

4/ Avec régularité, ténacité, depuis des années, à chaque achat d’un livre, j’écris mon prénom ainsi que la date de l’achat, sur la première page du livre, la page blanche, là où cela n’a pas encore commencé, avant les premiers mots, lorsque l’on est encore dans l’inconnu de ce qui va être, sur le seuil d’une découverte. Manière de faire trace de mon parcours de lectrice pour les années à venir.

5/ Être comme l’enfant qui, chaque jour, crée son univers, ce monde où il va rire découvrir, et grandir encore un peu, conscient des progrès qu’il est en train d’accomplir, même dans la simplicité de certains gestes qu’hier il n’arrivait pas à exécuter et que désormais il peut faire et la joie alors qui l’habite tout entier, parce qu’il réalise que par la maîtrise de lui-même il est en perpétuelle croissance.

6/ Après les douze coups de l’heure ronde, c’est au tour de l’angelus de sonner au clocher du village. Ailleurs qu’ici je ne sais plus ces envolées de cloches et le rappel de la pause méridienne. Un autre rythme, dans cette scansion du temps. Vivre ici, sans doute, pourrait être différent, permettrait aux pensées de prendre des directions autres, portées par le rappel constant, comme un glas du passage du temps.

7/ Besoin d’un reflux de silence et de solitude. Ne suis pas armée pour vivre au milieu des autres. Se suffire des oiseaux, d’un papillon qui traverse l’aire, du feuillage qui bruisse, de l’herbe qui tremble, des pierres qui brillent, de la mousse, des lichens et des nuages qui stagnent au-dessus de ma tête. Rien d’autre. Si, un livre et un crayon entre les mains, pour croire encore à un possible